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Confiance

Notre monde est dominé par la dictature de la rentabilité. Nous sommes constamment pris par l’idée que l’on peut faire mieux, qu’il faudrait nous améliorer. Cet état d’esprit ne concerne pas uniquement le monde du travail, mais s’est peu à peu généralisé. Il s’est insinué partout, dans le monde médical comme dans celui de l’éducation, dans notre vie sociale comme dans le cercle familial. Même nos enfants sont constamment jugés sur tout ce qu’ils font. On les évalue dès le plus jeune âge afin d’être sûr qu’ils vont évoluer dans la bonne direction. Cette obsession de la rentabilité finit par nous étouffer. Loin de nous amener à nous grandir et à faire apparaître le meilleur de nous-même, elle nous amoindrit et nous place dans un état d’esprit dans lequel, constamment, nous nous excusons d’être. Nous ne nous voyons plus que comme une accumulation de défauts qu’il s’agirait de corriger. Nous ne reconnaissons plus la beauté et la grandeur de notre propre être. Nous sommes profondément meurtri et avons perdu toute confiance.

La pratique de la méditation est une manière de répondre à ce problème majeur de notre époque qu’est le manque de confiance. Dans la pratique, il n’y a rien à accomplir. Il s’agit juste de s’asseoir et de laisser la vie se déployer en nous. Il n’y a aucun objectif à atteindre. Et surtout, nous avons enfin le droit d’être exactement comme nous sommes ! Pratiquer la méditation, c’est prendre le contre-pied de la logique de la rentabilité. Plutôt que d’essayer de s’acharner à vouloir faire de nous quelque chose que nous ne sommes pas, nous prenons le pari qu’en laissant simplement la vie œuvrer en nous, quelque chose de bon va apparaître. La pratique repose sur cette conviction qu’il y a en chacun de nous une bonté primordiale inhérente à tout être humain qui ne demande qu’à éclore.

Dans les pratiques sur la Confiance, nous nous exerçons plus particulièrement à nous ouvrir à cette dimension primordiale qui est constamment disponible en nous, mais que l’on a tendance à perdre de vue.

Il nous faut d’abord nous écarter de la manière dont nous nous représentons habituellement la confiance. Nous avons tendance à l’imaginer comme une sorte de grâce qui peut ou non nous être accordée. Avec la pratique, nous découvrons un moyen d’œuvrer concrètement pour nous relier à la confiance. Ces pratiques nous invitent à éprouver la confiance de manière très physique. C’est tout à fait étonnant, car pour nous, la confiance est plus une qualité mentale, un état d’esprit, que quelque chose de physique. Or, dans ces pratiques, l’accent est mis sur le fait d’habiter corporellement le monde, de trouver sa place et de se relier à notre situation physique de manière très concrète. Nous découvrons que la confiance ne s’établit pas par un travail de persuasion visant à modifier notre état d’esprit, mais par un travail d’inscription corporelle dans le monde impliquant notre être tout entier.

Le mouvement de cette pratique, comme celui de toute pratique, est un mouvement de pleine ouverture. Nous découvrons que la confiance n’est pas quelque chose d’introspectif. Il ne s’agit pas de trouver confiance en soi, mais plutôt de se relier à quelque chose de plus vaste que nous et sur lequel nous pouvons fermement prendre appui. Dans la pratique de la pleine Présence, nous avons découvert à quel point notre esprit est changeant, soumis à tout un tas de variations que nous ne maîtrisons pas. La confiance ne peut pas s’établir sur ce sol instable. Pour trouver un point d’appui plus solide, la pratique nous invite à nous relier à une dimension plus fondamentale de l’existence. Au-delà de l’agitation de notre esprit, nous trouvons une forme de continuité vaste et solide, qui se situe autant en nous-même qu’en dehors de nous-même et sur laquelle nous pouvons compter à tout moment. C’est à partir de cette dimension que la confiance peut s’établir.

Pour aller plus loin : Méditer pour avoir confiance, "12 méditation guidées pour surmonter peur angoisse et découragement" (Audiolib, 2015).

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Centre de méditation