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Comment habiter le monde en poète ?

Séminaire de méditation, d'art et de philosophie

Du 10 au 16 avril 2017

Enseigné par Fabrice Midal et Hadrien France-Lanord.
Aucune connaissance n’est nécessaire pour participer à ce séminaire.
 

“Comment habiter le monde en poète ?” 

Hadrien France-Lanord et Fabrice Midal, qui enseigneront en avril, partagent un même goût pour l’art. Ils lancent avec générosité des passerelles entre l’art et la pensée, nous invitant à regarder d’un œil neuf le pouvoir salvateur et la force éthique et philosophique de l'art.

L’expérience avant tout.
Dans les séminaires de l’École, l’espace d’écoute qu’ouvre l’alternance entre enseignements et méditation est avant tout une expérience. Pas un contenu intimidant ou un jargon réservé aux spécialistes, mais une pleine expérience qui peut nous guérir de notre isolement.
 

À quoi nous sert encore la culture ? La méditation au secours de la culture

Lors de ce séminaire l'enseignement de Fabrice Midal portera sur la culture.

"Dans ce séminaire je me consacrerai à expliciter le sens de la culture. J’ai voulu, dans cette lettre, partager avec vous dès à présent quelques éléments de la réflexion que j’y développerai.
Depuis sa création, l’École occidentale de méditation tente d’être fidèle au sens même du terme « école » — le temps de cette liberté où l’on peut réellement entrer en rapport avec son existence.
Tout séminaire dans l’École est conçu dans ce dessein : être l’espace d’une authentique éducation. Permettre à chacun de trouver de quoi être davantage lui-même.

Mais que veut dire éducation ?
Dans l’allégorie de la caverne, Platon pense l’éducation comme un retournement complet de tout notre être. Les prisonniers de la caverne sont attachés et ne voient que des ombres. Par l’éducation, on les aide à sortir de la caverne pour qu’ils soient exposés à la lumière du jour et voient les choses dans leur pleine vérité. L’éducation est ainsi pensée comme ce qui permet de sortir des apparences qui nous égarent pour toucher ce qui est vrai.
Pour entendre ici le sens de la vérité, il suffit de penser à l’état où nous serions si l’un de nos proches était accusé d’un crime. Savoir qu’il est en vérité innocent nous soulagerait sur le champ.

Toute expérience de culture, au sens véritable du terme, vise à cette élévation tout à fait singulière de l’être humain hors de ce qui est faux, contingent, erroné pour toucher à une vérité. Une vérité non pas formelle, scientifique, abstraite, mais qui nous concerne, qui nous meut, qui nous éveille. C’est cette expérience dont témoigne par exemple Henri Michaux dans Face à ce qui se dérobe : « J’oubliais le vieil homme, les années, tout ce qu’elles ont apporté de médiocre, de réduit, j’oubliais le mesuré. »

Or, pour Platon, cette éducation vise à permettre d’établir une société humaine plus juste — une société qui ne soit pas soumise à l’arbitraire et à la violence.

L’enjeu du séminaire sera de présenter et d’explorer le sens profond de l’éducation et de la culture, aujourd’hui si mécomprises et malmenées."

Cliquez ici pour lire la suite de ce texte écrit par Fabrice Midal 
 

Pourquoi Fabrice Midal a-t-il souhaité, dès le départ, faire dialoguer méditation et philosophie ?

Parce que la philosophie est avant tout une manière d’essayer de comprendre comment habiter notre monde. Or cela résonne avec l’invitation de la méditation : trouver sa place sur cette terre et l’habiter pleinement. La force de ces séminaires est d’être absolument compréhensible par tous, que l’on aime la philosophie ou pas. Non parce que les enseignants vulgarisent le propos et “abaissent le niveau” mais parce que leur seul souci est de parler avec simplicité de notre existence et de ce qui peut nous libérer.
 

Interview de Fabrice Midal et Hadrien France-Lanord

Les séminaires que vous organisez chaque année sous le nom « la fête de la pensée » sont d’une grande originalité, pouvez-vous dire en quoi ?

Fabrice Midal : "Je crois au premier chef parce qu’il s’agit véritablement d’une « fête de la pensée ». Hadrien France-Lanord et moi, nous ne cherchons pas à faire une sorte d’exposé programmatique et seulement théorique, nous voulons partir à l’aventure.
Nous n’avons pas de programme imposé qui nous éloigne de l’essentiel. Pour chacun de nous, ce dont il est question dans ces séminaires nous concerne nous-mêmes au premier chef et reflète des questionnements qui nous habitent.
Du coup, pour ceux qui assistent à ces séminaires ils vivent une expérience à nulle autre pareille. Car ils sont appelés à faire eux-mêmes l’expérience de ce dont il est question.
Et puis nous vivons ensemble pendant quelques jours. Cela crée une situation tout à fait propice. Nous mettons nos préoccupations habituelles de côté pour partir dans une aventure humaine et pensante aussi profonde qu’unique.
"

Hadrien France-Lanord : "C’est un travail très singulier, d’abord parce que nous y entrons ensemble pour une semaine. De ce point de vue, ce n’est ni une conférence, ni un cours au sens classique du terme. C’est une temporalité nouvelle, qui permet à chacun d’entrer dans ce qui est en question. C’est tout à fait exceptionnel de pouvoir se plonger une semaine durant dans un texte, qui devient peu à peu un chemin. Sur ce chemin, on peut faire une véritable expérience d’apprentissage, au sens où les Grecs disaient qu’apprendre c’est toujours apprendre par soi-même. Avec un cours ou une conférence, les auditeurs sont souvent surtout récepteurs, le chemin se fait après. Ici, il se fait en même temps, c’est très rare."


Mais pourquoi nommez-vous cela « fête de la pensée » ?

FM : "En effet, c’est surprenant. Pour nos contemporains, en effet, trop souvent, la pensée est un travail abstrait et fastidieux. C’est du reste amusant de constater que lorsque je dis que je suis « philosophe », les gens ont souvent une réaction de peur ! Mon dieu, il doit être trop haut perché pour moi ! Or j’ai choisi de faire de la philosophie, pour sortir de l’abstraction des discours habituels, convenus, de ce bavardage qui m’écrasaient. La philosophie a été, et est chaque jour pour moi, une expérience de grande joie et de libération.
J’ai bien conscience que mes propos ne sont pas évidents à saisir. Car le rapport à la philosophie que nous connaissons est soit savant, abstrait et désincarné soit très grossier, galvaudé dans la grande publicité. Evidemment on reconnaîtra ici l’existence de la phénoménologie à laquelle Francisco Varéla, puis François Fédier m’ont tant formé et qui consiste à d’abord considérer les phénomènes, ce qui est en jeu pour commencer par le décrire avec précision.
Mais j’ai conscience ici de parler pour beaucoup d’une expérience difficilement imaginable. Avant de rencontrer Francisco Varéla et François Fédier je n’avais même jamais entrevu un tel possible.
"

HF-L : "Une fête est quelque chose qu’on organise pour célébrer ce qui est exceptionnel. Quand a lieu une vraie expérience de pensée, et que cette expérience, de surcroît est collective, c’est tellement exceptionnel que c’est en soi une fête. En l’occurrence, c’est aussi une joie partagée, on le perçoit dans les rapports qui se tissent entre les participants. Tout le monde est pour quelques jours rassemblé autour de ce qu’il y a d’essentiel dans l’existence. C’est quand même bien une fête, cela, vous ne trouvez pas ?"


Quel est le sens de l’étude ?

HF-L : "Cette année, nous prenons comme fil conducteur un texte de Heidegger qui a pour titre un vers de Hölderlin : …c’est poétiquement que l’homme habite sur cette terre. Après Sophocle, puis Aristote, c’est le troisième et dernier volet consacré à l’éthique, c’est-à-dire à la question de l’habitation humaine. En l’occurrence, il va s’agir de voir comment cette habitation a essentiellement rapport à la poésie ; non pas la poésie au sens simplement de discipline littéraire, mais comme événement au cœur de toute existence."

FM : "L’étude que nous proposons est en rapport à l’existence de chacun ! Et le travail d’Hadrien sur l’éthique soulève précisément cette question. Il éclaire et met en jeu un sens de l’étude.
Pour ma part, je parle de la culture , de regarder comment la culture peut encore nous aider et de comment la méditation peut aller au secours de cette culture.
 "


Cette année nous écouterons même de la musique ?

H F-L : "Anna Göckel nous fait l’immense joie d’être parmi nous et jouera chaque jour un morceau d’environ une demie heure. C’est une des manières les plus belles, les plus directes, les plus immédiatement incarnées de faire l’expérience de la poésie. Il n’y a rien, il y a le silence, et tout à coup surgit un espace, l’espace musical dans lequel nous avons juste à nous laisser exister. Ce passage du non-être à quelque chose qui tout à coup a lieu, c’est le sens originaire de poïèsis en grec. Ce sera l’occasion de voir ce que ce passage du non-être à l’être a de si simple et de si bouleversant à la fois."

FM : "C’est une chance inouïe ! Car le problème que nous avons en parlant de peinture, est que nous ne voyons pas directement les œuvres d’art ! Là nous aurons la présence d’une violoniste hors pair. C’est là aussi une manière de vivre une expérience radicale qui nous touche dans la profondeur de notre être."


Quelle est la place de la méditation lors de ces séminaires ?

FM :  "Nous pratiquons ensemble chaque jour à divers moments. C’est un temps ou nous sommes ensemble en nous recueillant dans le silence et la présence.
Cela change radicalement le sens de la parole qui est tenue dans un tel cadre. En effet la pratique de la méditation favorise une écoute plus ouverte, plus sincère et flexible. Car au fond, qu’est-ce que méditer ? C’est s’en remettre librement à la pure présence.
"

H F-L : "Si on entend méditer au sens que transmet Fabrice, sens qui n’a rien à voir avec ce qu’on entend habituellement au sujet d’un mot qui est malheureusement en passe de devenir une sorte de slogan – si méditer c’est s’en remettre librement à la présence, alors le travail de pensée tel que j’essaie de le pratiquer n’est rien d’autre qu’une méditation."
 

Concrètement, comment ça se passe ?

L’emploi du temps est rythmé par les sessions de méditation guidées et les cours donnés alternativement par Hadrien et Fabrice. Chaque journée comporte un groupe d’études, modéré par un intervenant. Nous avons la chance cette année d’accueillir une violoniste qui ouvrira un espace poétique en interprétant Bach. De longues promenades méditatives en bord de mer sont également prévues. Les repas se prennent ensemble, dans une ambiance détendue et conviviale. Chaque menu est préparé sur place à partir de produits frais et locaux.

 

Pendant un enseignement dans un séminaire


Le Manoir de la Vicomté en Bretagne où se déroulera le séminaire

Informations pratiques

Les évènements de l'École occidentale sont réservés à ses membres.

Lieu : Manoir de la Vicomté, 6 avenue Georges Pian, 35800 Dinard, France

Horaires de début et de fin : début du séminaire le lundi 10 avril 2017 après-midi. Fin du séminaire le dimanche 16 avril 2017 après le petit déjeuner. 

Transport : pour bénéficier de la navette autobus affrétée par nos soins entre la gare et le lieu du séminaire il sera nécessaire de vous caler sur ces horaires de train à l’aller et au retour :
- Aller au séminaire : le 10/04 : Arrivée à 14h31 à la gare de Saint-Malo, départ à 11h08 à Paris Montparnasse (changement à Rennes)
- Retour du séminaire : le 16/04 : Arrivée à 13h28 à la gare de Paris Montparnasse, départ à Saint Malo à 9h50 (changement à Rennes)

Participation aux frais :
- 650 € pour les membres de l’École (+ 100 € d’adhésion si vous n’êtes pas membre*) - hébergement et repas inclus

*Si vous n'êtes pas membre :
Les évènements de l'École occidentale sont réservés à ses membres. Si vous n’êtes pas déjà membre, vous pouvez soit :
– devenir membre ami avec un accès à l’ensemble des activités et événements de l’Ecole. Télécharger ici le formulaire d'adhésion membre ami.
– devenir membre simple pour 2017 afin d'avoir accès à certains évènements. Le règlement de l'adhésion membre simple se fait en même temps que le paiement d'inscription au week-end, choisir la case Participation au séminaire + 100 € d'adhésion si vous n'êtes pas membre de l'École

Pour vous inscrire
Paiement en ligne jusqu'au 1er avril à partir du lien ci-dessous et un formulaire à remplir vous sera alors envoyé pour finaliser l'inscription.
Paiement par chèque ou virement contacter directement Caroline Dormion
caroline.dn.om@gmail.com | 12 rue de l’Ecrivain 89100 Sens | Mobile +33 (0)6 62 19 25 08
Il est aussi possible de réaliser le paiement par chèque en plusieurs fois (renseignements également auprès de Caroline Dormion)

Inscription en ligne 
Pour s'inscrire à ce séminaire après le 1er avril, contacter directement Caroline Dormion. 
 

 Renseignements
Pour tout renseignement contacter Caroline Dormion :
caroline.dn.om@gmail.com | Mobile +33 (0)6 62 19 25 08


 

En partenariat avec Philosophies.TV

Nous remercions le Palais des thés qui offre les thés servis lors de ce séminaire Logo du Palais des thés

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