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 Pleine présence (Mindfulness)

La pratique de la Pleine présence (appelée aussi Mindfulness ou pleine présence) est la pratique par laquelle nous commençons et à laquelle nous revenons sans cesse tout au long du chemin. Elle consiste à s’asseoir sur un coussin ou sur une chaise et à ne rien faire d’autre que rester dans une attention ouverte à tout ce qui survient – aux pensées, aux émotions, aux sensations corporelles… C’est le geste initial et fondamental de toute pratique. Il est très simple et ne fait appel à aucune sorte de technique. C’est aussi un geste que l’on doit sans cesse réapprendre. À chaque fois que l’on s’assoit, il nous faut le redécouvrir à neuf, raviver le mouvement vivant de la pratique.

Juste être

Une fois assis, il se peut que nous soyons déconcerté. Nous ne savons pas vraiment quoi faire. La pratique de la méditation consiste précisément à faire cette épreuve. Pouvoir rester dans cette incertitude que nous avons habituellement tendance à mettre de côté. Si nous l’accueillons, un sens de présence, d’espace et de confiance se donne. Nous sommes présents corporellement à ce qui est sans avoir aucun effort particulier à fournir. Ce n’est pas une situation idéale, mais c’est ainsi. Et c’est là l’essentiel. Nous n’avons pas à changer la situation ou à trouver une solution : ce qui est, est ce qui est.

Nous restons là, en rapport avec la verticalité de notre posture et la solidité de la terre, simplement, sans effort. Essayons d’entrer en rapport avec cette situation. Il n’y a rien à faire ou à réussir : juste être.

Nous pourrions même éprouver le sentiment que nous déposons le fardeau qui allourdit nos épaules toute la journée. Tel est le vrai secret de la méditation. Arrêter cette lutte ordinaire et incessante et découvrir un sens d’être primordial.

Nous avons tous des fonctions diverses : nous sommes un père de famille, l’employé de telle compagnie, nous avons obtenu des formes diverses de reconnaissance. Nous nous identifions à ces caractéristiques. La méditation nous fait retrouver un sens d’être qui ne dépend d’aucune identité précise. C’est un soulagement très profond  !

Ce sens d’être, c’est la découverte de notre existence, terme qu’il conviendrait de distinguer de la vie. La vie du vivant (zoê en grec) est le fait que la vie nous soit donnée. Nous avons à l’entretenir. L’existence (bios), au contraire, c’est la relation que nous entretenons avec la façon dont se déroule la vie. Parfois nous existons pleinement dans notre vie, nous sommes en accord avec nous-même et avec notre entourage. Parfois, en revanche, nous avons le sentiment de ne pas exister pleinement, voire que l’existence nous pèse. La dépression est précisément ce sentiment que nous avons de ne plus vraiment exister.

Vivre pour vivre, en en faisant pleinement l’épreuve, et non dans un but quelconque, c’est à proprement parler éprouver la plénitude de l’existence. Tel est le sens de la méditation : nous apprendre à ne pas seulement vivre mais à exister.

Se sentir exister n’est pas une donnée biologique, c’est un art. La méditation, en nous montrant comment nous poser dans l’ici et maintenant, sans rien attendre de particulier, nous l’apprend.

Pour aller plus loin : Méditations, "12 méditations guidées pour s’ouvrir à soi et aux autres" (Audiolib, 2012)

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Centre de méditation