Détail d'une photo de Sigmar Polke

Le poids des choses

Depuis des années, j’ai accumulé des meubles, des objets, qui ont atterri chez moi après la disparition progressive de la génération de mes grands-parents. Mes parents me proposaient de prendre chez moi, (« c’est grand chez toi, tu as de la place »), le secrétaire de mon grand-père, la belle armoire vaudoise de ma grand-mère, le buffet, la vaisselle, les nappes, encore un secrétaire, et puis encore un lot de chaises, et ce petit guéridon…

Le bonheur d'être présent

Je me souviens très bien, enfant, que je n’appréciais pas les bandes dessinées. Beaucoup de camarades en lisaient autour de moi, me vanter les exploits de Lucky Luke, de Spirou ou de Blueberry mais je n’y comprenais rien. Dès que j’ai su lire, c’est dans les romans que je me plongeais avec délectation, laissant mon imagination créer, d’après la description de l’écrivain, l’apparence de tel personnage, les tonalités d’un décor de chambre ou celui d’un jardin d’automne, l’atmosphère d’un château ou d’une église… Il en a été ainsi pendant des décennies.
Couverture du livre "Le sourire du courage" de Chögyam Trungpa

Le sourire du courage

Dans le chapitre sur le monde sacré du livre « Le sourire du courage », Chögyam Trungpa écrit : « L’aspect sacré signifie qu’on applique du courage à tous les gestes du quotidien, y compris se brosser les dents et faire la vaisselle. Il y a du courage partout, en tout temps. »
Image d'une déité courroucée de la tradition thibétaine

Sur le front

Lors du décès du chanteur juif montréalais Léonard Cohen le 7 novembre 2016, un commentaire de ce dernier sur la guerre a circulé sur les réseaux sociaux pour disparaître ensuite rapidement, tant il était incompréhensible et choquant pour la plupart de ses admirateurs. Dans une interview donnée à son retour aux USA après avoir participé à la guerre du Yom Kippour de 1973 en Israël, Leonard Cohen exprima en effet son enthousiasme pour la guerre en ces termes : « War is wonderful. They'll never stamp it out. It's one of the few times people can act their best. There are opportunities to feel things that you simply cannot feel in modern city life. »
Détail d'un tableau : pommes sur une table

Regarder, voir

Tous nous avons des yeux, peu voient. Voir, en un premier sens, c’est voir ce qui est là devant. Je vois des pêches  dans le panier… Tous le monde voit ainsi. Or, ce n’est pas ainsi que l’on est voyant. Peintre de pommes, Cézanne, manifestement est un voyant. Il voit de l’invisible, un très étrange invisible, ne demandant qu’à être vu…. Comment parler de cet invisible?
Photo d'un singe dont la posture évoque le doute

Et si ce n’était finalement pas pour moi ?

Je me pose parfois trop de questions. Mais il y en a une que je n’ai jamais vraiment osé regarder en face : et si finalement méditer, ce n’était pas fait pour moi ? Je médite depuis plus de 5 ans, et petit à petit la pratique a pris de plus en plus de place dans ma vie, devenant quotidienne, et expérimentée plus lors de stages, de retraites et de séminaires. Et, bien que j’y prenne garde, elle est aussi devenue une part de l’identité à laquelle je m’accroche. Je suis «un méditant», et voilà bien une des rares choses sur lesquelles je peux m’appuyer pour me définir. Or, depuis quelques mois, ma vie a changé.
Photo de dos de deux petites-filles de Dominique Sauthier

La pratique au carré

Peu après les neuf jours du Stage 4 passés dans le silence et l’immobilité d’une pratique intensive, je suis partie en vacances avec deux de mes petites filles. Le contraste a été tellement saisissant, que je me suis demandée comment relier deux expériences si diamétralement opposées. Pendant les neuf jours de retraite, je me suis progressivement posée, et toutes les résistances qui au début rendaient ma pratique difficile et inconfortable ont cédé pour laisser place à une présence simple et sans histoire où je me suis sentie en paix avec moi-même et ce que je rencontrais. Mes petites filles de 6 et 8 ans sont pleines de vitalité, une vitalité qui s’exprime par des rires joyeux et un infatigable besoin de mouvement, mais aussi par des disputes, des chamailleries, des plaintes et des cris.
Photo d'un petit enfant marchant dans la neige

Le goût de la neige

La pratique de la méditation nous aide à voir plus clairement comment les sensations nous ouvrent à un champ d’expérience très vaste. On a tendance à mettre le corps d’un côté et l’esprit de l’autre mais nos sens nous parlent de notre être : on dit bien avoir du tact, avoir du goût, avoir du nez ou du flair, avoir l’œil, avoir de l’oreille. Une sensation est un moment de vie, une ouverture sur le monde. Elle peut nous télescoper dans une épaisseur de temps et de sens. Cela va très vite, dans un temps qui est plein et unifié, rassemblé.
Vue de l'extérieur d'une chapelle en bois

Des lieux qui invitent à la méditation

En voyage, en vacances ou simplement en déplacement, il nous arrive de pratiquer dans des lieux incongrus où rien d'extérieur ne favorise la méditation. Je trouve cela toujours intéressant et éprouve à chaque fois à quel point la posture est précieuse car c'est elle le réceptacle de ma pratique, où que je sois. Et où que je sois, je peux m'établir en méditation tel un nomade établissant son camp. Je me rends compte aussi que méditer contribue à nouer un lien avec un lieu. Mais en tout pays, en toute ville, il est aussi possible de trouver des lieux qui invitent à la méditation.