Photo d'un panneau interdisant de méditer

Se relier à notre vraie nature, l’ouverture

Le bruit extérieur s’est estompé, le chant des oiseaux du printemps vient zébrer le silence. Le tempo a ralenti, plus de petit-déjeuner avalé en vitesse, plus de cafés bus dans les embouteillages, plus non plus de sonnerie toutes les 50 minutes avec son flux d’élèves qui sortent et entrent en classe. Cela pourrait ressembler à un mois de juillet. Sauf que… … la plaine de jeux en bas de chez moi est barrée de larges bandes rouges et blanches. Et, sur les grilles, il y a maintenant un petit sigle qui interdit de méditer dans l’herbe. Il est surprenant ce sigle ! Outre le fait que je n’ai jamais vu méditer personne dans le parc où tous les chiens du quartier jouent, il ne me semble pas a priori que ce soit l’activité la plus dangereuse en termes de distanciation physique.

...Et le monde est là.

En ce temps d’arrêt dans nos existences, quelque chose se montre, quelque chose se donne à nouveau : c’est le temps, le temps retrouvé. Certes, il faut travailler à distance, donner une attention soutenue aux enfants, les tâches ménagères ne disparaissent pas, mais quelque chose d’une détente du temps se donne, qui n’est plus aussi drastiquement tenu pas des impératifs d’horaires. La pratique de la méditation tient pour moi une place centrale, plus que jamais vitale.
Photo d'un homme avec un masque respiratoire portant un paquet de papier toilette

Politique du virus : le curieux visage d’une pandémie

Un événement singulier se déroule présentement au niveau mondial. Un consensus étonnant plane pratiquement partout. Il peut se résumer en ces quelques mots : la mort et l’inconnu rôdent et nous ne pouvons que nous en remettre à nos gouvernants pour nous protéger. Dès lors, à peu près tout le monde se soumet aux consignes qui émanent des autorités étatiques. Le confinement est la règle dans plusieurs endroits et au moment d’écrire ces mots (25 mars 2020), près de la moitié de la population sur terre est à l’arrêt ou en grand ralentissement.
Photo d'un flan de montagne boisée sous une nappe de brume

Un hommage au silence

Ce matin, un grand Silence a envahi ma pratique Non pas que ce silence me venait du dehors (bruit du dehors (oiseaux en fête) (une voiture passe) (la patte du chat s’étire sur les draps) Non, Il semblait venir simplement du dedans.

Entrer dans la maison hantée

Il fait nuit, je marche seul dans les rues sombres de ce village italien de Ligurie, le vent souffle fort ce soir. En montant les marches qui se faufilent entre les villas j’entends les 12 coups de minuit sonner à l’église restée plus bas, au niveau de la mer. Après quelques minutes j’ai gagné les hauteurs de cette bourgade, là où les habitations se font plus rares, j’aperçois maintenant la maison où je passe depuis 3 jours la plus claire partie de mon temps. Je suis soudain saisi par une peur à l’idée d’entrer dans cette demeure, il n’y a pourtant rationnellement aucun risque, qui donc pourrais-je y rencontrer, moi qui suis parti en retraite solitaire ?

Présence et dignité : assis comme un Cézanne

Je venais de faire une conférence sur le thème : « handicap et dignité », auprès d’étudiants en médecine, pharmacie, droit de la santé, quand je me suis aperçue, que l’exposition Cézanne et les maîtres, rêve d’Italie (Du 27 février au 5 juillet), qui vient d’ouvrir ses portes au Musée Marmottan, se trouvait à quelques stations de métro, du lieu où venaient d’avoir lieu cette rencontre. Je n’ai pas résisté à la tentation de m’y rendre immédiatement.
Image d'un équilibriste marchant sur un fil, dans un paysage bleu de ciel et de mer

Sur le fil

Pourquoi pratique-t-on ? Pourquoi marche-t-on depuis le sommet d’un immeuble à un autre? Peut-être par goût de l’aventure, ou bien par habitude. Le premier pas n’est pas le plus difficile. C’est au milieu, que tout bouge. Mon esprit revient à lui, et que voit-il? Lui-même. Un miroir se dresse face à nous. Comment avancer? C’est bien ce qu’il se passe, sur le coussin de méditation. Je m’absente, pars dans mes pensées, puis suis rappelé. Je puis faire du mauvais esprit, faire semblant de n’avoir rien vu, ou bien juste ne pas me donner la possibilité d’être intéressé par ce retour, et repartir aussitôt.
Photo d'un sol de forêt

S'ouvrir à l'entièreté de la Vie

Souvent, je vais me promener le long du Rhône, sur un sentier qui trace une voie dans un bois peuplé de noisetiers, de petits chênes, de frênes, dont les troncs sont souvent enlacés par d’impressionnantes racines de lierres grimpants, ou habillés d’une mousse vert brillant. J’apprécie cette promenade où la présence des bêtes sauvages est perceptible, et où la nature semble encore vivre sa vie. En semaine, je peux marcher dans ce bois deux ou trois heures sans croiser d’être humain.
Photo de Martin Luther King faisant un discours

La liberté, l’engagement et la mort

Comme le dit Henri Michaux : « la vie est courte mes petits agneaux ». Nous ne cessons pourtant de fuir cette vérité première en plongeant tête baissée dans de fausses consolations, dans le divertissement ou dans la sécurité du conformisme social. Si on porte vraiment attention à ce qui se passe en soi et autour de soi, une évidence désagréable nous saute à la figure : la plupart des êtres humains passent tout simplement à côté de leur vie. Rater sa vie par peur de la vivre est en quelque sorte la norme chez l’être humain