Photo d'un petit enfant marchant dans la neige

Le goût de la neige

La pratique de la méditation nous aide à voir plus clairement comment les sensations nous ouvrent à un champ d’expérience très vaste. On a tendance à mettre le corps d’un côté et l’esprit de l’autre mais nos sens nous parlent de notre être : on dit bien avoir du tact, avoir du goût, avoir du nez ou du flair, avoir l’œil, avoir de l’oreille. Une sensation est un moment de vie, une ouverture sur le monde. Elle peut nous télescoper dans une épaisseur de temps et de sens. Cela va très vite, dans un temps qui est plein et unifié, rassemblé.
Vue de l'extérieur d'une chapelle en bois

Des lieux qui invitent à la méditation

En voyage, en vacances ou simplement en déplacement, il nous arrive de pratiquer dans des lieux incongrus où rien d'extérieur ne favorise la méditation. Je trouve cela toujours intéressant et éprouve à chaque fois à quel point la posture est précieuse car c'est elle le réceptacle de ma pratique, où que je sois. Et où que je sois, je peux m'établir en méditation tel un nomade établissant son camp. Je me rends compte aussi que méditer contribue à nouer un lien avec un lieu. Mais en tout pays, en toute ville, il est aussi possible de trouver des lieux qui invitent à la méditation.
Tableau de Kandinsky : Lignes d'intersection (1923)

L’héroïsme spirituel au cœur de la méditation

Toute spiritualité authentique repose sur un constat plutôt banal : personne n’a décidé par lui-même de venir au monde. La source de notre être relève d’un mystère inaccessible à toute volonté humaine. Nous sommes tous marqués du sceau de l’incomplétude et de la dépendance au mystère, même si une curieuse léthargie nous voile la plupart du temps les conséquences de cette vérité première qui ne cesse pourtant de refaire surface à différents moments de notre existence.
Photo aérienne d'un labyrinthe végétal

Fausses pistes

J’ai découvert par la suite que ces idées étaient des fausses pistes. La pratique de la méditation, loin de me replier sur moi-même m’a au contraire fait sortir de ma bulle. J’ai compris que méditer c’est avant tout être vivant. Ce n’est pas occulter nos problèmes mais apprendre à les voir, à faire pleinement l’épreuve de nos difficultés. Méditer c’est adopter une forme de discipline, se mettre au travail pour de bon, arrêter de rêver sa vie, apprendre à savoir ce qu’on veut vraiment, apprendre à aimer.
Photographie d'un brun d'herbe, parmi d'autres...

La tendresse du brin d’herbe

Une chambre semblable à toutes les autres, un long couloir aux allures fantomatiques où, à heures régulières, passent des chariots de fer poussés par des hommes et des femmes vêtus de blanc. C’est dans cette maison de retraite que Marie demeure depuis qu’on lui a diagnostiqué la maladie de l’oubli.
Le lapin blanc et sa montre à gousset dans Alice au pays des merveilles

Se faire le cadeau de ne rien faire

Faire des listes, des courses, des livres, des cours, du sport, à manger, ses comptes, sa lessive, le ménage, son agenda, de l’ordre dans ses mails … Et recommencer. Et recommencer. Dans l’existence, je fais beaucoup. Je travaille beaucoup et, si j’y regarde d’un peu plus près, il y a derrière ce « faire » une tentative quasi désespérée d’arriver à éponger à un moment tous les « faire » à faire pour arriver … à ne plus rien faire !
Photographie de Vivian Maier d'une petite fille pleurant.

De l’autre côté du miroir

À un moment, Fabrice dit « Votre sensation est-elle agréable, désagréable ou neutre ? » J’étais à ce moment là étreinte par un sentiment poignant de tristesse, sans cause précise. Je me suis donc posée la question : « C’est agréable, désagréable ou neutre? » et je me suis trouvée prise de court. Je ne pouvais pas dire si c’était agréable, désagréable ou neutre. C’était, tout simplement.
Tableau d'Henri Matisse intitulé "Porte ouverte en Bretagne".

Corps où es-tu ?

« Mais en fait, méditer, c’est synchroniser le corps et l’esprit » dit un de mes patients, à la dernière séance d’une session de pratique à la clinique où je travaille. Je suis frappée de la pertinence de cette remarque, résumant avec une acuité déconcertante l’expérience même de la pratique. Mon coeur bondit et je ne peux qu’applaudir. Réellement. D’autant plus que ces mots reprennent une expression de Chögyam Trungpa lui-même.. quel étonnant hasard !
Photographie sur le chemin des douaniers

Se rencontrer, rencontrer son existence

Se poser, s’assoir, écouter ce qui vient, À chaque fois une vraie aventure. Je sens mon esprit bouillonnant, Les soucis au travail me hantent, Je laisse mon bassin se poser, mes jambes, Je me sens sur un petit rocher au milieu de la mer agitée, Le souffle comme une ancre m’emmène, je cherche à m’y relier, Inspire, expire, inspire, expire, Il m’aide à m’abandonner au coussin