Entrer dans la maison hantée

Il fait nuit, je marche seul dans les rues sombres de ce village italien de Ligurie, le vent souffle fort ce soir. En montant les marches qui se faufilent entre les villas j’entends les 12 coups de minuit sonner à l’église restée plus bas, au niveau de la mer. Après quelques minutes j’ai gagné les hauteurs de cette bourgade, là où les habitations se font plus rares, j’aperçois maintenant la maison où je passe depuis 3 jours la plus claire partie de mon temps. Je suis soudain saisi par une peur à l’idée d’entrer dans cette demeure, il n’y a pourtant rationnellement aucun risque, qui donc pourrais-je y rencontrer, moi qui suis parti en retraite solitaire ?

Présence et dignité : assis comme un Cézanne

Je venais de faire une conférence sur le thème : « handicap et dignité », auprès d’étudiants en médecine, pharmacie, droit de la santé, quand je me suis aperçue, que l’exposition Cézanne et les maîtres, rêve d’Italie (Du 27 février au 5 juillet), qui vient d’ouvrir ses portes au Musée Marmottan, se trouvait à quelques stations de métro, du lieu où venaient d’avoir lieu cette rencontre. Je n’ai pas résisté à la tentation de m’y rendre immédiatement.
Image d'un équilibriste marchant sur un fil, dans un paysage bleu de ciel et de mer

Sur le fil

Pourquoi pratique-t-on ? Pourquoi marche-t-on depuis le sommet d’un immeuble à un autre? Peut-être par goût de l’aventure, ou bien par habitude. Le premier pas n’est pas le plus difficile. C’est au milieu, que tout bouge. Mon esprit revient à lui, et que voit-il? Lui-même. Un miroir se dresse face à nous. Comment avancer? C’est bien ce qu’il se passe, sur le coussin de méditation. Je m’absente, pars dans mes pensées, puis suis rappelé. Je puis faire du mauvais esprit, faire semblant de n’avoir rien vu, ou bien juste ne pas me donner la possibilité d’être intéressé par ce retour, et repartir aussitôt.
Photo d'un sol de forêt

S'ouvrir à l'entièreté de la Vie

Souvent, je vais me promener le long du Rhône, sur un sentier qui trace une voie dans un bois peuplé de noisetiers, de petits chênes, de frênes, dont les troncs sont souvent enlacés par d’impressionnantes racines de lierres grimpants, ou habillés d’une mousse vert brillant. J’apprécie cette promenade où la présence des bêtes sauvages est perceptible, et où la nature semble encore vivre sa vie. En semaine, je peux marcher dans ce bois deux ou trois heures sans croiser d’être humain.
Photo de Martin Luther King faisant un discours

La liberté, l’engagement et la mort

Comme le dit Henri Michaux : « la vie est courte mes petits agneaux ». Nous ne cessons pourtant de fuir cette vérité première en plongeant tête baissée dans de fausses consolations, dans le divertissement ou dans la sécurité du conformisme social. Si on porte vraiment attention à ce qui se passe en soi et autour de soi, une évidence désagréable nous saute à la figure : la plupart des êtres humains passent tout simplement à côté de leur vie. Rater sa vie par peur de la vivre est en quelque sorte la norme chez l’être humain
Image du tableau de Van Gogh "L'Eglise d'Auvers-sur-Oise

Le temps de la pratique

Lors d'une soirée de pratique de bienveillance aimante, une jeune femme a remarqué qu'il lui était facile de pratiquer quand tout allait bien mais que ce n'était pas évident quand la vie présentait des difficultés. En effet, quand ça ne va pas bien, cela ressort sur le coussin. Nous pouvons difficilement l'éviter. Mais souvent, voir nos difficultés, nos angoisses et impasses favorise un état où naît de la curiosité et donc de l'ouverture.
Image de trois cases de bande dessinée bleue sur fond blanc montrant Newton recevant une pomme sur la tête et découvrant la gravité

La légende de Newton : une expérience méditative

Le physicien Isaac Newton aurait dit-on découvert la loi de la gravitation universelle en contemplant la chute d’une pomme qui tombait d’un pommier. Il y a une légende bien connue à ce propos ; alors qu’il se promenait dans son verger, il aurait eu l’idée du phénomène d’attraction des corps vers la terre après avoir reçu une pomme sur la tête. C’est ce qui est illustré dans des dessins humoristiques de Gottlieb. Même si ce n’est qu’une légende, j’aime bien cette histoire qui dit quelque chose de l’expérience de la découverte d’un phénomène nouveau et me fait penser à la méditation.
Image d'une silhouette sombre portant sur le visage un masque blanc

On est un con qui ne dit pas son nom

On est heureux de vous recevoir On adore la Corse On nous manipule On aime On pense que c’est mal On vous remercie pour votre visite Mais qui est ce «ON» qui pense pour deux, pour trois, pour tous ? Ce «ON» qui par sa grandeur d’esprit parle au nom d’un couple, d’une famille, d’une entreprise ou encore de l’universel ? Mais qui est ce «ON» qui recouvre d’une épaisse et opaque pellicule son porteur ?
Tableau "La mort d'Actéon" de Titien

Écologie et méditation : comment dire non radicalement et agir pour de bon

Qu’est-ce qui fait défaut aujourd’hui à l’écologie pour qu’elle soit prise au sérieux, et que nous entreprenions un changement radical et immédiat, quand bien même il ne suffirait pas à résoudre les problèmes climatiques et environnementaux actuels ? Peut-être qu’il ne lui manque rien, et qu’il y a juste un manque de volonté des décideurs politiques et économiques. Ou bien est-ce que la critique écologique de notre système capitaliste et néolibéral, ou du moins ce qui en est relayé dans les médias, ne parvient pas à faire mouche avec suffisamment de force pour déstabiliser le statu quo ?