Les trois pratiques de méditation

À l’École occidentale de méditation, l’enseignement de la méditation s’articule autour de trois pratiques : la pratique de la Pleine présence/mindfulness, la pratique pour avoir Confiance dans la vie et la pratique de la Bienveillance. Ces trois pratiques sont trois chemins permettant de s’ouvrir à soi, aux autres et au monde. En ce sens, elles sont trois aspects complémentaires.

En effet, la présence, à soi comme au monde, implique un sens de confiance. Sans confiance la présence n’est pas vraiment “pleine”. De même, la présence est intrinsèquement chaleureuse, vivante : bienveillante, c’est pourquoi, toucher la dimension bienveillante de la présence permet d’en faire l’expérience dans toute sa plénitude.

Chaque pratique a son cadre et sa cohérence propre, et il est important de prendre le temps qu’il faut pour découvrir, s’approprier et approfondir chacune d’entre elles, l’une après l’autre. Dans le même temps les trois pratiques se répondent et s’enrichissent les unes les autres. Chacune ne peut se déployer pleinement qu’à la lumière des deux autres.

Aux travers de stages de découverte, l’École propose un chemin progressif permettant à la fois de découvrir chaque pratique de façon simple et rigoureuse et à la fois de déployer et d’approfondir la perspective commune aux trois pratiques. Chacun des 3 stages peut être repris pour approfondir votre expérience.

Pleine présence/mindfulness

La pratique de la Pleine présence/mindfulness (appelée souvent Mindfulness ou Pleine présence) est la pratique par laquelle nous commençons et à laquelle nous revenons sans cesse tout au long du parcours. Elle consiste à s’asseoir sur un coussin ou sur une chaise et à ne rien faire d’autre que rester dans une attention ouverte à tout ce qui survient – aux pensées, aux émotions, aux sensations corporelles… C’est le geste initial et fondamental de toute pratique. Il est très simple et ne fait appel à aucune sorte de technique. C’est aussi un geste que l’on doit sans cesse réapprendre. À chaque fois que l’on s’assoit, il nous faut le redécouvrir à neuf, raviver le mouvement vivant de la pratique.

Juste être — déposer notre fardeau

Une fois assis, il se peut que nous soyons déconcertés. Nous ne savons pas vraiment quoi faire. La pratique de la méditation consiste précisément à faire cette épreuve. Pouvoir rester dans cette incertitude que nous avons habituellement tendance à mettre de côté. Si nous l’accueillons, un sens de présence, d’espace et de confiance se donne. Nous sommes présents corporellement à ce qui est sans avoir aucun effort particulier à fournir. Ce n’est pas une situation idéale, mais c’est ainsi. Et c’est là l’essentiel. Nous n’avons pas à changer la situation ou à trouver une solution : ce qui est, est ce qui est.

Nous restons là, en rapport avec la verticalité de notre posture et la solidité de la terre, simplement, sans effort. Essayons d’entrer en rapport avec cette situation. Il n’y a rien à faire ou à réussir : juste être.

Nous pourrions même éprouver le sentiment que nous déposons le fardeau qui alourdit nos épaules toute la journée. Tel est le vrai secret de la méditation. Arrêter cette lutte ordinaire et incessante et découvrir un sens d’être primordial.

Nous avons tous des fonctions diverses : nous sommes un père de famille, l’employé de telle compagnie, nous avons obtenu des formes diverses de reconnaissance. Nous nous identifions à ces caractéristiques. La méditation nous fait retrouver un sens d’être qui ne dépend d’aucune identité précise. C’est un soulagement très profond !

Exister pour de bon

Ce sens d’être, c’est la découverte de notre existence, terme qu’il conviendrait de distinguer de la vie. La vie du vivant (zoê en grec) est le fait que la vie nous soit donnée. Nous avons à l’entretenir. L’existence (bios), au contraire, c’est la relation que nous entretenons avec la façon dont se déroule la vie. Parfois nous existons pleinement dans notre vie, nous sommes en accord avec nous-même et avec notre entourage. Parfois, en revanche, nous avons le sentiment de ne pas exister pleinement, voire que l’existence nous pèse. La dépression est précisément ce sentiment que nous avons de ne plus vraiment exister.

Vivre pour vivre, en en faisant pleinement l’épreuve, et non dans un but quelconque, c’est à proprement parler éprouver la plénitude de l’existence. Tel est le sens de la méditation : nous apprendre à ne pas seulement vivre mais à exister.

Se sentir exister n’est pas une donnée biologique, c’est un art. La méditation, en nous montrant comment nous poser dans l’ici et maintenant, sans rien attendre de particulier, nous l’apprend.

Pour aller plus loin : Méditations, “12 méditations guidées pour s’ouvrir à soi et aux autres” (Audiolib, 2012)

Avoir confiance dans la vie

Comment nous avons perdu une certaine confiance dans la vie

Notre monde est dominé par la recherche de rentabilité. Nous sommes constamment pris par l’idée que l’on doit faire mieux, qu’il faut nous améliorer. Cet état d’esprit ne concerne plus uniquement le monde du travail, mais s’est peu à peu généralisé. Il s’est insinué partout, dans le monde médical comme dans celui de l’éducation, dans notre vie sociale comme dans le cercle familial. Même nos enfants sont constamment jugés sur tout ce qu’ils font. On les évalue dès le plus jeune âge afin d’être sûr qu’ils vont évoluer dans la bonne direction. Cette obsession de la rentabilité finit par nous étouffer sans que nous nous en rendions compte. Loin de nous amener à grandir et à faire apparaître le meilleur de nous-même, elle nous amoindrit souvent et nous place dans un état d’esprit dans lequel nous nous excusons d’être ce que nous sommes. Nous ne nous voyons presque plus que comme une accumulation de défauts qu’il s’agit de corriger. Nous avons beaucoup de mal à reconnaître la beauté et la grandeur de notre propre être. Nous sommes meurtris et avons perdu notre profonde confiance dans la vie.

Comment cette méditation permet à la vie de se déployer en nous

La pratique de la méditation est une manière de répondre à ce problème majeur de notre époque qu’est le manque de confiance. Dans la pratique, il n’y a rien à accomplir. Il s’agit juste de s’asseoir et de laisser la vie se déployer en nous. Il n’y a aucun objectif à atteindre. Et surtout, nous avons enfin le droit d’être exactement comme nous sommes ! Pratiquer la méditation, c’est prendre le contre-pied de la logique de la rentabilité. Plutôt que d’essayer de s’acharner à vouloir faire de nous quelque chose que nous ne sommes pas, nous prenons le pari qu’en laissant simplement la vie œuvrer en nous, quelque chose de bon va apparaître. La pratique repose sur cette conviction qu’il y a en chacun de nous une bonté première, inhérente à tout être humain, qui ne demande qu’à éclore.

Un moyen concret pour nous relier à la confiance dans la vie

Dans les pratiques de Confiance dans la vie, nous nous exerçons plus particulièrement à nous ouvrir à cette dimension primordiale qui est constamment disponible en nous, mais que l’on a tendance à perdre de vue.

Il nous faut d’abord nous écarter de la manière dont nous nous représentons habituellement la confiance. Nous avons tendance à l’imaginer comme une sorte de grâce qui peut ou non nous être accordée. Avec la pratique, nous découvrons un moyen d’œuvrer concrètement pour nous relier à la confiance. Ces pratiques nous invitent à éprouver la confiance de manière très physique. C’est tout à fait étonnant, car pour nous, la confiance est plus une qualité mentale, un état d’esprit, que quelque chose de physique. Or, dans ces pratiques, l’accent est mis sur le fait d’habiter corporellement le monde, de trouver sa place et de se relier à notre situation physique de manière très concrète. Nous découvrons que la confiance ne s’établit pas par un travail de persuasion visant à modifier notre état d’esprit, mais par un travail d’inscription corporelle dans le monde impliquant notre être tout entier.

Apprendre à se relier au niveau plus fondamental de l’existence

Le mouvement de cette pratique, comme celui de toute pratique, est un mouvement de pleine ouverture. Nous découvrons que la confiance n’est pas quelque chose d’introspectif. Il ne s’agit pas de trouver confiance en soi, mais plutôt de se relier à quelque chose de plus vaste que nous et sur lequel nous pouvons fermement prendre appui. Dans la pratique de la pleine présence/mindfulness, nous avons découvert à quel point notre esprit est changeant, soumis à tout un tas de variations que nous ne maîtrisons pas. La confiance dans la vie ne peut pas s’établir sur ce sol instable. Pour trouver un point d’appui plus solide, nous apprenons par la pratique à nous relier au niveau plus fondamental de l’existence. Au-delà de l’agitation de notre esprit (et oui c’est possible !), nous trouvons une forme de continuité vaste et solide, qui se situe autant en nous-même qu’en dehors de nous-même et sur laquelle nous pouvons compter à tout moment. C’est à partir de cette expérience que la confiance dans la vie peut pleinement s’établir.

Pour aller plus loin : Méditer pour avoir confiance, “12 méditation guidées pour surmonter peur angoisse et découragement” (Audiolib, 2015).

Bienveillance

La bienveillance est au cœur de la pratique de la méditation. C’est elle qui nous permettra de ne pas détourner la pratique, de ne pas en faire un simple instrument et de garder entière la profondeur de notre aspiration.

La bienveillance n’est pas “gentillette”

La bienveillance est ce dont notre monde a le plus besoin. Nous sommes tellement éloignés de cette dimension qu’elle peut nous paraître un peu naïve ou « gentillette ». Il n’en est rien. Développer une attitude réellement bienveillante demande en réalité beaucoup de travail et de courage. Il est beaucoup plus facile de rejeter les choses, de mettre de côté ce qui ne nous convient pas, que d’être prêt à accueillir la réalité telle qu’elle et d’en faire pleinement l’expérience. C’est là que réside la plus grande part du chemin que nous avons à faire.

Le lien entre présence et bienveillance

En réalité, l’attention que nous développons dans la pratique de la pleine présence/mindfulness est déjà en elle-même un acte de bienveillance. Porter attention à quelque chose, avoir de la curiosité pour elle, c’est s’ouvrir à elle telle qu’elle est, c’est accueillir toutes les possibilités de son plein déploiement. Il n’existe pas d’attention qui ne soit pas bienveillante. De la même façon, tout acte bienveillant suppose en soi l’attention. La bienveillance n’est pas une posture intellectuelle. Elle implique que nous soyons attentifs aux êtres. Sinon comment pourrions-nous savoir ce dont ils ont réellement besoin ? Pour définir le lien très profond qui lie la Pleine présence/mindfulness et la bienveillance, Fabrice Midal a l’habitude de les comparer aux deux ailes d’un même oiseau. Si l’une des ailes vient à manquer, la situation est bancale et l’oiseau ne pourra pas voler.

Pratiquer la bienveillance pour nous-même, les autres et le monde, c’est le même mouvement

Dans la pratique de la bienveillance nous cherchons à cultiver plus spécifiquement le caractère bienveillant de l’ouverture à ce qui est, que nous avons découvert dans la pleine Présence/mindfulness. Il s’agit de laisser se déployer la tendresse et la chaleur de notre cœur. Souvent, nous commençons par orienter cette chaleur vers nous-même – par exemple en évoquent le souvenir d’un moment où nous nous sommes sentis aimés pour de bon – avant d’y inclure les autres puis le monde. Mais que la Bienveillance se déploie pour nous-même, pour les autres ou pour le monde ne fait pas de différence du point de vue de la pratique. C’est chaque fois la même dimension que nous explorons.

Une pratique où l’on découvre concrètement à quel point notre coeur est vaste

C’est souvent impressionnant de découvrir que l’on peut s’exercer à la Bienveillance. Nous avons l’idée qu’il s’agit d’un domaine sur lequel nous n’avons aucune emprise, sur lequel nous ne pouvons pas agir. La pratique de la Bienveillance est une manière très concrète – physiquement très concrète – de s’exercer à aimer. C’est comme si l’on travaillait un muscle. Au début cela peut paraître complètement insurmontable. Mais petit à petit, avec un peu de patience, la chose se développe au fil des séances. Et bientôt nous découvrons à quel point notre cœur est vaste (et cela nous étonne). Nous n’avons en général aucune idée de cela. Nous nous asseyons, nous essayons timidement d’ouvrir notre cœur et nous découvrons la tendresse infinie du monde. C’est une incroyable découverte.

Pour aller plus loin : « Méditation sur l’amour bienveillant », 12 méditations guidées (Audiolib, 2013).

L’agenda des stages

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avril 2018

lun23Avr - 29Avr 2316 h 00 minAvr 29A la uneLe séminaire "Narcisse, un modèle pour notre XXIe siècle"Un séminaire enseigné par Fabrice Midal Region: Dinard Ouvert à tous

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