Homo faber

photo d'un chat assis sur un singe en peluche

Homo faber – le Fabriquant. C’est ainsi que l’homme moderne (blanc, mâle… normal quoi !) a rétroactivement baptisé son ancêtre universel – façon de se réclamer d’une lignée d’industriels.
Assis sur mon coussin, je m’interroge (au lieu de suivre mon souffle).
Ne rien vouloir changer, ni le corps ni les événements mentaux, mais simplement les habiter – est-ce possible ? Ou bien suis-je, par atavisme, condamné à fabriquer tout rapport ? A ‘bodybuilder’ ce monde à force de concepts ?
Quand les outils ordinaires visent à transformer, la méditation propose de ne pas faire. Il y a là comme un parfum de scandale pour homo faber, l’agité du bocal.
Et pourtant si ne-pas-faire, bien loin d’une régression, était la meilleure façon de commencer ? Vous avez une journée chargée : commencez par ne rien faire ! Vous ne savez pas comment vous en sortir ? Asseyez-vous là où vous êtes ! La ligne de conduite de la méditation semble assez déraisonnable pour être honnête.
Où mène-t-elle, s’inquiète en moi le technicien ?
Ici.
Bizarre.
Oui, et c’est peut-être cela d’abord qui est fui. Le bizarre de l’ici. Cette vie qui, dès qu’on l’écoute, contredit la fabrication continuelle. C’est effrayant l’ici. Cette faille qui ne sait que s’agrandir et nous rendre si petits.
Faille au bout du souffle – c’est à dire à son départ aussi.
Yves Dallavalle

Chapendu
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