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Image d'un portail forgé ouvrant sur un chemin à l'ambiance d'automne

Entrer pleinement sur le chemin de la méditation

À la fin du livre, « Le Procès » de Kafka est évoquée une parabole: la parabole de la loi. Il y est question d’un homme qui se présente devant la porte de la loi. Une sentinelle est là qui en garde l’entrée. L’homme demande la permission d’entrer mais la sentinelle lui répond qu’elle ne peut pas le laisser entrer maintenant. Plus tard, peut-être, mais pas maintenant. D’ailleurs, derrière cette première porte il y en a d’autres, plus difficiles encore à franchir.
Couverture du roman graphique "Méditer, le bonheur d'être présent" de Fabrice Midal

Le bonheur d'être présent

Je me souviens très bien, enfant, que je n’appréciais pas les bandes dessinées. Beaucoup de camarades en lisaient autour de moi, me vanter les exploits de Lucky Luke, de Spirou ou de Blueberry mais je n’y comprenais rien. Dès que j’ai su lire, c’est dans les romans que je me plongeais avec délectation, laissant mon imagination créer, d’après la description de l’écrivain, l’apparence de tel personnage, les tonalités d’un décor de chambre ou celui d’un jardin d’automne, l’atmosphère d’un château ou d’une église… Il en a été ainsi pendant des décennies.
Tableau de Kandinsky : Lignes d'intersection (1923)

L’héroïsme spirituel au cœur de la méditation

Toute spiritualité authentique repose sur un constat plutôt banal : personne n’a décidé par lui-même de venir au monde. La source de notre être relève d’un mystère inaccessible à toute volonté humaine. Nous sommes tous marqués du sceau de l’incomplétude et de la dépendance au mystère, même si une curieuse léthargie nous voile la plupart du temps les conséquences de cette vérité première qui ne cesse pourtant de refaire surface à différents moments de notre existence.
Photo aérienne d'un labyrinthe végétal

Fausses pistes

J’ai découvert par la suite que ces idées étaient des fausses pistes. La pratique de la méditation, loin de me replier sur moi-même m’a au contraire fait sortir de ma bulle. J’ai compris que méditer c’est avant tout être vivant. Ce n’est pas occulter nos problèmes mais apprendre à les voir, à faire pleinement l’épreuve de nos difficultés. Méditer c’est adopter une forme de discipline, se mettre au travail pour de bon, arrêter de rêver sa vie, apprendre à savoir ce qu’on veut vraiment, apprendre à aimer.
Photographie d'un brun d'herbe, parmi d'autres...

La tendresse du brin d’herbe

Une chambre semblable à toutes les autres, un long couloir aux allures fantomatiques où, à heures régulières, passent des chariots de fer poussés par des hommes et des femmes vêtus de blanc. C’est dans cette maison de retraite que Marie demeure depuis qu’on lui a diagnostiqué la maladie de l’oubli.
Le lapin blanc et sa montre à gousset dans Alice au pays des merveilles

Se faire le cadeau de ne rien faire

Faire des listes, des courses, des livres, des cours, du sport, à manger, ses comptes, sa lessive, le ménage, son agenda, de l’ordre dans ses mails … Et recommencer. Et recommencer. Dans l’existence, je fais beaucoup. Je travaille beaucoup et, si j’y regarde d’un peu plus près, il y a derrière ce « faire » une tentative quasi désespérée d’arriver à éponger à un moment tous les « faire » à faire pour arriver … à ne plus rien faire !
Photographie de Vivian Maier d'une petite fille pleurant.

De l’autre côté du miroir

À un moment, Fabrice dit « Votre sensation est-elle agréable, désagréable ou neutre ? » J’étais à ce moment là étreinte par un sentiment poignant de tristesse, sans cause précise. Je me suis donc posée la question : « C’est agréable, désagréable ou neutre? » et je me suis trouvée prise de court. Je ne pouvais pas dire si c’était agréable, désagréable ou neutre. C’était, tout simplement.
Photographie sur le chemin des douaniers

Se rencontrer, rencontrer son existence

Se poser, s’assoir, écouter ce qui vient, À chaque fois une vraie aventure. Je sens mon esprit bouillonnant, Les soucis au travail me hantent, Je laisse mon bassin se poser, mes jambes, Je me sens sur un petit rocher au milieu de la mer agitée, Le souffle comme une ancre m’emmène, je cherche à m’y relier, Inspire, expire, inspire, expire, Il m’aide à m’abandonner au coussin
Photographie d'un mur avec du lierre grimpant dessus.

J'ai rencontré un mur !

Dans la maison de famille, en vacances, c’est un joyeux mélange d’agitation, d’un rythme qui s’étire ou se contracte, du passé qui se réactualise dans le présent, de couches d’expériences qui se superposent dans lesquelles il n’est guère facile de se sentir posé.