Les poètes, ces gardiens de la vérité

Dessin de Rimbaud, debout, fumant la pipe les mains dans les poches, par Verlaine

D’une manière très étonnante, lire les poètes nous (ré)accorde au monde. Quand le monde semble mort, quand nous nous sentons loin de nous-même ou de notre existence, le poème nous relie au bouillonnement de la vie à un niveau très profond. Il tranche avec le train-train du quotidien et nous permet de retrouver un corps, de toucher la vérité de notre expérience.

Le poète ne demande rien, il n’aspire même pas à être poète. Son aspiration, c’est d’être au plus près du réel. Il ne supporte tout simplement pas le bavardage ou la grossièreté des discours psychologisant et intellectualisant sur le monde. « Il est à l’avant poste, par son entente du monde corporelle, il voit et sent ce qu’est son temps. C’est la plupart du temps insoutenable », comme le souligne Fabrice Midal dans son livre Pourquoi la poésie.

Les poètes sont en quête de vérité et cette quête ne soutient aucun compromis. Il ne nous est pas demandé à tous d’avoir cette aspiration mais ce qu’ils nous apprennent, c’est que certains êtres humains sont liés par un espèce de miracle à la proclamation de la vérité.

La manière dont les poètes sont fidèles à cet appel du réel est particulièrement poignante. Ils gardent et tiennent quelque chose pour tous les autres hommes. Lorsque nous pratiquons la méditation – en nous engageant ainsi à faire l’épreuve de ce qui est – nous gardons aussi quelque chose du cœur même de notre humanité.

Marine Manouvrier
Bruxelles
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