S’asseoir dans sa dignité

Image du film Princesse Monokoke

Cet été, au mois d’août, a eu lieu le séminaire Faire se rencontrer le ciel et la terre, au Fort Saint André. Une fois achevé, je me suis demandé ce que j’y avais expérimenté, et en quoi il m’avait déplacée. Un mot plutôt pompeux a surgi : « couronnée ». Je me suis sentie couronnée lors de cette semaine de méditation. Comme je fus étonnée de ce mot ! J’ai déjà participé à de nombreux stages et séminaires de méditation au sein de L’École, mais c’est bien la première fois que me vient un mot aussi noble pour caractériser mon expérience. Me penchant plus avant sur celle-ci pour élucider en quel sens je pouvais m’être sentie couronnée, j’ai compris que, lors des pratiques tournées vers la confiance, j’avais tout simplement touché du doigt un profond sens de dignité.

La couronne de la simplicité

Un peu chaque jour, même plusieurs fois par jour, je me suis assise et, grâce aux méditations guidées par Guillaume, qui nous invitaient à ne rien faire, à juste écouter et nous confier au silence, j’ai senti dans mon assise quelque chose de digne, de beau et de noble. C’est paradoxal puisque les pratiques guidées par Guillaume nous menaient au plus simple, au plus élémentaire : écouter le silence, se relier à cet espace qui accueille chaque chose – et par cet abandon à cette simplicité, mon corps s’est plusieurs fois assis comme sur un trône, avec un port suffisamment droit pour soutenir une couronne sur ma tête.

Soudain, la confiance !

En m’asseyant sur ma chaise chaque jour, en me posant sur mes ischions, en sentant l’alignement de mes lombaires, de ma colonne et de ma nuque, puis en ne faisant rien, rien du tout sauf être là, je me suis sentie m’asseoir dans ma dignité. Quelque chose de solide et de doux à la fois, quelque chose de dense et de spacieux, m’a plusieurs fois soutenu dans ma pratique.

Par l’abandon au simple, je me suis sentie reine.

Et en effet, sentir cela en soi, sentir cette dignité donne confiance. Me sentant ainsi couronnée, je me trouve soudain capable de réaliser des choses devant lesquelles je reculais. Non seulement je m’en sens davantage capable, mais je m’en sens même le devoir, je sens que j’en ai la responsabilité, comme une reine a la responsabilité de son royaume.

En guise d’illustration, San et Ashitaka, dans la Princesse Mononoké de Miyazaki, deux véritables figures de la dignité humaine.

Justine Bonnieux

Rouen

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