Être droit et digne

Tableau de Caspar David Friedrich montrant un homme de dos se tenant sur un rocher et contemplant une mer de nuages.

Un travail

Pourquoi faudrait-il méditer pour nous aider à être droit et digne ?

Ne sommes-nous pas d’emblée droits et dignes, accueillis dès notre naissance dans la communauté des hommes ?

C’est ce que nous pourrions souhaiter, mais comment cela se montre-t-il concrètement dans notre expérience ?

Dans la mienne, en tous cas, cela n’est pas si évident. Être droite et digne demande du travail, des rappels, pour ne pas s’avachir, se laisser aller au manque de confiance, à la lourdeur d’être. Ainsi, pour l’être humain, s’il a bien cela en partage, il va devoir y travailler sans relâche pour le manifester et la pratique de la méditation est un magnifique terrain de jeu pour cet entraînement.

Trouver sa place

Cette question est intimement liée avec le fait de trouver sa place. Pas une place matérielle bien sûr mais bien la disposition d’être où nous sommes entièrement qui nous sommes, sans excuse, ni justification. Apprivoiser ce que nous sommes, avec ce que nous aimons, ce que nous n’aimons pas, avec nos forces mais aussi et surtout notre vulnérabilité, de là peut naître le véritable sens de dignité. Car la dignité n’est pas cette chose rigide, un peu raide du collet, mais bien plutôt un état d’être qui ne peut émerger que de la pleine reconnaissance de notre propre vulnérabilité.

En effet, en entrant en amitié avec les parts les plus douloureuses ou les plus mal-aimées de ce que nous sommes, nous touchons le sens même de ce qu’est un être humain. Et constater, grâce à la pratique, que malgré ce point si fragile, nous pouvons tenir assis, droit sur le coussin, fait naître ce sens de dignité dont nous entendons tant parler. La dignité naît de la tendresse du cœur et c’est elle qui nous permet de nous relier aux autres, avec tout le soin que cela demande.

Un apprivoisement

Le chemin de la méditation est d’apprendre toujours plus avant à se poser dans son être. Cela n’est jamais gagné car les circonstances particulières, intérieures (maladie, angoisse, peur, agitation…) ou extérieures (divorce, perte d’emploi, conflits familiaux…) viennent souvent bouleverser cette assise établie pas à pas. Mais cet apprivoisement lent de l’assise n’est pas anecdotique, il est la métaphore-même de la place que nous prenons dans notre existence et dans la société. Il est aussi ce qui rend le chemin passionnant.

 
Marine Manouvrier

Bruxelles

Extrait d’un enseignement donné à Bruxelles le 12 septembre 2018.

 

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