Conduite

Photo d'une route droite par un temps gris et pluvieux prise depuis la place du conducteur d'une voiture regardant à travers son pare-brise avant
La méditation s’apparente beaucoup à la conduite automobile.
Il y a une technique à posséder. Tenir le volant, changer les vitesses, accélérer ou freiner, jeter un œil aux rétros… Sur le coussin (le véhicule qui mène ici) il s’agit d’habiter sa posture, de poser l’attention sur le souffle, de dire bonjour à la présence…
Une fois familière, cette technique ouvre à plus large. Nous nous retrouvons à la bonne allure, selon l’état de la route et de la voiture, les conditions météo, la circulation. Nous sommes à même, sans rien perdre de la vigilance constamment requise, d’apprécier le pays traversé (le GPS est coupé, on ne regarde plus le monde à travers un écran mais directement – oui c’est possible).
Le plaisir automobile vient de la combinaison de l’attention à la mécanique – faire un avec sa berline – et d’un sens de conduite panoramique. L’expérience est entière, sans rupture ni zone d’ombre.
La méditation est ainsi. Lorsque corps et souffle sont habités, une détente générale prend place, libérant le rapport à soi-même, éveillant l’intérêt pour ce qui nous traverse et ce qui est traversé. On peut se retrouver sous une pluie battante à doubler des camions qui envoient des trombes d’eau sur le pare-brise – et cependant quelque chose ne bouge pas. Technique, détente, tendresse et curiosité font bon ménage avec la tempête, elles permettent de l’apprécier réellement pour ce qu’elle est.
Yves Dallavalle
Chapendu
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