La philosophie du thé

Image japonaise sur la cérémonie du thé
Il y a peu, j’ai découvert un court ouvrage écrit en 1906 par le japonais Okakura Kakuzô. Lettré japonais persuadé de la valeur universelle de la cérémonie du thé, Okakura lui consacre un traité en forme de manifeste à l’intention du public occidental. Il invite ainsi les Américains et les Européens à découvrir un raffinement japonais qui dépasse largement la tradition et se présente plutôt comme un enseignement de vie.
Une phrase en particulier, qui apparaît dès le début de l’ouvrage, a retenu mon attention :
« La cérémonie du thé est essentiellement le culte de l’Imparfait, puisqu’elle est un effort pour accomplir quelque chose de possible dans cette chose impossible que nous savons être la vie. »
Alors que l’on pourrait penser que la cérémonie du thé est la recherche d’une forme de perfection, Okakura nous parle du « culte de l’imparfait ». Un accueil de l’imparfait, une ouverture à l’imperfection, à l’inévitable dissonance propre au cheminement humain.
En réalisant une action possible, (c’est-à-dire une action qui ait un début, un déroulement et une fin que nous pouvons décider) au sein de notre vie impossible (à savoir dont nous ne pouvons pas maîtriser la durée) nous nous mettons en rapport à nos limites, ce qui est au fond très sain.
De la même manière, quand nous pratiquons la méditation, peut-être aspirons-nous à apprivoiser l’imparfait : nous faisons l’effort d’accomplir quelque chose de possible, une session circonscrite dans le temps, accessible à tous… au sein de cette chose impossible et non saisissable qu’est la vie.
Marie-Laurence Cattoire
Paris
Référence du livre : Okakura Kakuzô, Le Livre du thé, Picquier Poche.
Pour s’initier à la cérémonie du thé, plusieurs lieux proposent des sessions à Paris et en région. Notamment L’école du thé organisée par le Palais des Thés
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