L’autre voyage

Photo de la mer, calme sous un ciel bleu agrémenté de quelques nuages blancs à l'horizon
Quand ses étudiants lui demandaient s’ils devaient revendiquer pour eux-même le terme de bouddhiste, Chögyam Trungpa répondait que certainement ils pouvaient le faire sur les formulaires d’entrée d’hôpital – mais que pour le reste, il était plus approprié de se dire pratiquant du bouddhadharma – l’enseignement de l’éveil.
C’est que tous ces istes sont si enfermants !
Vous aimez les papillons ? On vous traite d’entomologiste. C’est vexant… Et ça vous enferme dans une identité – ce que la voie du Bouddha considère comme l’illusion majeure d’où découle le reste de nos problèmes de nombril (ou bien doit-on dire : nos problèmes nombrilistes ?).
Être sur la voie – c’est la formulation que je préfère. D’abord parce que cela rappelle Tintin et le Lotus Bleu :
– Vous avez trouvé la voie ? demande à Tintin un dément armé d’un sabre. – Non ?
Alors je vais vous couper la tête !
On croirait entendre un grand maître du Chan chinois.
Ensuite parce qu’une voie appelle la marche, l’inconnu, le pays.
Mais comment se déroule-t-elle cette voie du Bouddha ? Sur deux pieds (ça reste la meilleure façon de faire un pas) : la méditation alternant avec le questionnement de cette méditation – pratique, étude – pratique, étude – dans cette marche à l’éveil, sur laquelle – somnambules troués d’éclats de veille – nous allons au fond de l’inconnu – pour trouver du nouveau !
S’ouvre un nouveau voyage sous nos pas orientés par le geste d’humilité du Bouddha touchant la terre. Ô vous qui voulez manger le lotus parfumé – c’est ici que s’invente un enseignement pour regagner la terre d’Occident ! Car c’est à cela que nous sommes conviés – s’asseoir sur la terre et questionner le Dharma jusqu’à ce qu’ensemble nous parlions la langue d’Orphée.
Est-ce audible dans l’assourdissant disparate de notre temps ? Une voie se dessine – qui à la fois dépasse notre individu pour toucher à l’humanité qui nous rassemble – et nous parle à nous personnellement et à nous seulement. Comment nos cœurs ne seraient-ils pas remplis de rayons ?
Yves Dallavalle
Chapendu
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