Le Musée est-il un espace méditatif ?…

Orangerie-2BBIenveillance-2B1
Dimanche après-midi. J’ai beaucoup travaillé toute cette semaine et je me fais une joie d’aller au Musée de l’Orangerie de Paris, où sont exposées les magnifiques fresques Nymphéas de Monet.
Cette orangerie est un lieu assez magique. Claude Monet l’a spécialement choisie pour créer et exposer ses Nymphéas et en faire un espace de méditation. Elle est située au cœur de la capitale, dans le grand Jardin des Tuilerie. À quelques pas de la Seine. Dans un bâtiment construit de manière à relier l’Est et l’Ouest, avec de toutes parts une belle lumière naturelle qui entre généreusement et met en valeur les peintures.
Bref, je vais pouvoir me poser et goûter à cet espace méditatif imaginé par un grand maître de l’art moderne. C’est ce que j’imagine en tous cas…
Cela fait 3 ou 4 ans que je ne suis pas venue ; je suis surprise quand j’arrive que les salles soient non seulement bondées mais aussi très bruyantes. C’est une véritable cacophonie malgré les rappels à l’ordre réguliers des gardiens qui demandent “un peu moins de bruit s’il vous plaît”.
Un flot continu de visiteurs passent en désordre devant les immenses fresques sans laisser la possibilité à quiconque de les voir. Même en restant immobile, il n’y a pas moyen de se relier à la subtilité de ces peintures que Claude Monet a mis tant d’années à réaliser…
Je suis contrariée. Je pensais pouvoir être là pour de bon, être pleinement présente face aux fresques et non. Le capharnaüm ambiant me fait même regretter de ne pas avoir un casque anti-bruit !…
Et soudain, un ange apparaît.
Une petite fille blonde, jolie comme tout, coquine, coiffée d’un chapeau de paille, suit sa mère en trottinant, tire un peu sur sa jupe et l’invite à s’asseoir par terre avec elle.
Mon cœur s’ouvre spontanément.

Je suis attendrie exactement de la même manière que dans les pratiques de bienveillance que nous faisons en groupe le jeudi soir à Paris. Cette petite fille me met le sourire aux lèvres. Une détente profonde m’envahit et je commence à regarder autour de moi.

Ce ne sont pas les fresques qui sont à voir aujourd’hui mais les gens !
Et je les découvre beaux, joyeux, tranquilles, amoureux, soucieux, curieux, fatigués…

La splendide lumière zénithale des salles les embellit, les met en valeur de manière tendre et harmonieuse. L’atmosphère s’emplit de douceur et de clarté. Je commence à prendre des photos avec mon téléphone et mon cœur s’ouvre un peu plus. Certaine, certain me regarde, je leur souris en les photographiant.
Je me sens reliée.
C’est l’été, il fait très chaud, et tout est bon dans cette situation.

 

 

 

Marie-Laurence Cattoire
Paris

5 commentaires

Laisser un commentaire

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire