Se rencontrer, rencontrer son existence

Photographie sur le chemin des douaniers









Se poser, s’assoir, écouter ce qui vient,
À chaque fois une vraie aventure.
Je sens mon esprit bouillonnant,
Les soucis au travail me hantent,
Je laisse mon bassin se poser, mes jambes,
Je me sens sur un petit rocher au milieu de la mer agitée,
Le souffle comme une ancre m’emmène, je cherche à m’y relier,
Inspire, expire, inspire, expire,
Il m’aide à m’abandonner au coussin,
Je vois mes pensées comme des petits bateaux qui sautent sur l’eau, qui tournent en ronds,
Le souffle,
Inspire, expire, je commence à me glisser dans son rythme,
Il est 5h, mes pensées tournaient en rond dans mon insomnie,
Là, le souffle et le coussin me ramène au concret de la terre à laquelle je peux m’abandonner et le souffle qui me tient…
Mon dos commence à se redresser plus naturellement, ma tête s’aligne,
Ah, j’étais repartie dans mes résolutions de problèmes,
Inspire, expire,
Mon ancre m’aide à me redresser,
C’est soulageant,Je suis vivante, solide,
Ma main sur le coeur,
Une chaleur douce,
Je peux me relier à mon émotion : tristesse, peur ?
Je la vois, je la sens dans mon estomac, comme un tube gris…
Inspire, expire, inspire, expire,
Elle change de consistance, de forme, le tube  s’élargit  puis se dilue,
Je me sens plus légère, ma tête se pose,
Ah, mes yeux étaient tenus, ils se  détendent, mon dos s’appuie sur un dossier d’air….
Le minuteur sonne.

Une autre aventure vivante sur les chemins des douaniers :
Elle m’invite aussi à me poser et à me relier pleinement à mon corps et à tous les mouvements de mon esprit.
C’est la post-méditation qui me fait vivre pleinement la situation.


En marchant je m’abandonne à la terre,
À chaque déséquilibre provoqué par une racine ou un dénivelé, je lâche mon poids et me laisse me redresser,
Je me sens tenue par l’espace qui à la fois me tient et en même temps m’effraie
Tout ce qui m’entoure invite mon esprit à vagabonder
et c’est le mouvement de la marche, ses surprises, l’instabilité et le déséquilibre qui me ramène ici dans la nécessité de rester debout.
Ni le vide, ni la force des arbres, ni la fraicheur du vent, ni la douceur du soleil ne peuvent m’emporter.
La seule chose sûre ce sont mes pieds  qui écoutent le sol, mon corps vertical qui se redresse, avance et tous mes sens qui se relient à la réalité du moment,
Pour me garder en vie, ne pas tomber dans le vide, ne pas me laisser absorbée par la fascination de la mer, ni emportée par le vent et la tempête


Ce geste qui nous ramène à ce qui nous est propre,
Une présence vivante et incarnée,
Qui nous tient et en même temps nous fait chavirer,
C’est l’expérience de la méditation.


Sylvie Storme

Bruxelles

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