Lever le nez du plat

Photographie d'un statue représentant le Bouddha Amoghasiddhi, assis en position du lotus.
À la question  « Que faire si des conflits nous opposent aux autres, et nous rendent difficiles les relations avec eux ? », Chögyam Trungpa répondit :

 

« Eh bien, si votre désir de communiquer, qui est la générosité, est fort, appliquez prajna, la connaissance, pour découvrir les raisons de votre incapacité à communiquer. Peut-être ne souhaitez-vous pas que la communication provienne aussi de l’autre bord. Peut-être avez-vous un grand désir de communiquer, et placez-vous toute votre énergie dans votre communication. C’est une approche très intense, envahissante pour la personne à qui vous vous adressez. L’autre n’a pas la place de vous renvoyer la balle. Bien sûr, nous agissons ainsi avec les meilleures intentions, mais il nous faut être attentifs à l’ensemble de la situation, plutôt que d’essayer seulement d’être empressés pour lancer quelque chose à l’autre. Il nous faut apprendre à voir aussi du point de vue d’autrui. Essentiellement, il faut que nous fournissons de l’espace et de l’ouverture. Nous faisons souvent l’expérience du pressant désir de convertir autrui à notre point de vue, et c’est assez difficile d’y résister. Mais prenons garde que notre communication ne devienne pas trop pesante. Et la seule façon d’y parvenir est d’apprendre à faire place à l’espace et à l’ouverture. »

 

Gagner une vue plus large

 

Je redécouvre ce passage  au moins trois ans après avoir lu Pratique de la voie tibétaine.
Le signet y marque cette page . Je l’entends comme un signe et redouble d’attention.
Les mets les plus délicieux nous sont indifférents si nous n’avons pas faim.
C’est une invitation à lever le nez du plat, aussi bon soit-il, pour gagner une vue plus large, une vue de la situation.
Dans la posture de la méditation, quand la tête a pris sa bonne place, les yeux voient au loin .
C’est seulement après que le regard, et avec lui les paupières, baissent (comme un rayon, une diagonale inclinée à 45%). Mais la tête ne bouge pas, le nez ne bouge pas, les orbites restent en place. Ainsi, par un simple mouvement des globes oculaires je peux retrouver la vue au loin.
Dans ce cas, je sais que je me tiens selon l’instruction car ‘mon nez ne tombe pas dans le plat’.

 

Elisabeth Larivière
Paris
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