La joie au cœur de la pratique de la méditation

Portrait personnifiant la joie tranquille par Charles Le Brun.

Régler ses problèmes ?

Souvent la joie est oubliée dans l’expérience méditative. Par la force des choses, dans la pratique, nous rencontrons souvent nos problèmes, nos angoisses, nos douleurs … Il arrive même que nous venions à la méditation pour essayer de régler tout cela. Or, au fond, cela ne se règle jamais vraiment. La confusion, l’irritation, le doute, tout cela nous assaille toujours sur le coussin. C’est un peu toujours un fiasco, quel que soit le nombre d’années de pratique. Et c’est de ce constat qu’il faut partir, de ce fiasco.

La méditation invite à abandonner radicalement tout espoir que nous pourrions, par nous-même, remédier à ce qui nous assaille. Il n’y a pas de truc magique, pas de technique durable, rien à développer. Nous ne sommes pas assez surpuissants pour éradiquer tout ce qui nous enferme. Nous pensons pourtant si fort que nous y pouvons quelque chose que nous aurions même tendance à rester empêtrés dans nos problèmes ! Nous nous disons qu’en restant collés à nos problèmes, une solution va bien finir arriver. Dans le même mouvement, puisque nous n’y arrivons pas, nous nous en voulons comme si nous y pouvions quelque chose. Or non cela ne marche pas ainsi.

Laisser la joie venir

Méditer ce n’est pas la promesse de retirer enfin tous les cailloux coincés dans nos chaussures, mais une pratique qui nous rappelle que joie, confiance, courage et vie nous habitent. D’emblée. Malgré tous les soucis, il est possible de s’y relier, toujours. En effet, lorsque nous abandonnons l’obsession de vouloir régler tous nos problèmes quelque chose peut alors s’ouvrir, se passer.

Ce n’est pas pour rien que la méditation est aussi une pratique de confiance car il n’est pas si aisé d’arrêter d’essayer de s’en sortir ! Et pourtant… Lorsque l’on se laisse être, il y a quelque chose de la joie qui est là. Au plus proche de nous, il y a une certaine forme de légèreté vivante. Et, à nouveau, ce n’est pas une émotion qu’il faudrait vivre, quelque chose à quoi nous devrions arriver ou fabriquer. Non, la joie d’être vient tout seule.

Elle vient quand on prend le temps de sentir la vie vibrer en nous, de goûter toutes sensations, de dépasser tout ce qui résiste, comme par exemple : je n’y arriverai jamais, je ne mérite pas etc… La joie vient toute seule quand on change de point de focale. Là, maintenant, il est possible de se réjouir, possible de sentir la joie simple, celle qui allège les choses, quelques soient nos circonstances.

 

Marine Manouvrier

Bruxelles

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