Aimer est un chemin.

Photo d'un lustre sur fond de soleil couchant à l'horizon
« Puissé-je me sentir en sécurité »
« Puissé-je être heureux »
« Puissé-je être en bonne santé »
« Puissé-je vivre à l’abri des problèmes et des difficultés »
Ces phrases sont tirées du livre de Sharon Salzberg « L’amour qui guérit ».
Pendant les pratiques d’amour bienveillant on s’appuie sur des mots ou des images pour faire naître un sentiment de bonté et d’amour.
On commence les pratiques en s’adressant à soi.
Cela peut paraître assez égoïste de se souhaiter d’être heureux. Dans notre culture on a tendance à penser qu’il faudrait d’abord penser aux autres. Il y a là quelque chose d’étonnant, voire même de désarmant. C’est bien là un des effets de ces phrases dont je découvre tous les jours la profondeur. Elles me désarment !  Je me rends compte aussi à quel point quand je passe de « puissé-je être heureux » à « puissions-nous être heureux » ou « puissent tous les êtres être heureux », il n’y a pas tant de différence que ça. Si je faisais l’impasse sur le souhait initial de m’adresser des paroles bienveillantes, le reste de la pratique serait artificiel, alors qu’en suivant cette première instruction je me sens  d’emblée un être humain en lien avec les autres.
Par ailleurs c’est assez désarçonnant de se souhaiter simplement d’être heureux. Ce serait plus facile de souhaiter avoir un gâteau au chocolat ou faire une conquête amoureuse. Prononcer ces mots nous permet de nous mettre en contact avec notre vrai désir.
On peut  aussi trouver ces phrases un peu naïves, un peu « gnangnan ». Alors que les guerres font rage partout dans le monde et que tant de gens, proches ou lointains, sont malheureux, nous nous souhaitons le meilleur ainsi qu’à tous les êtres. C’est presque de la provocation. Cela va à l’encontre de ce que nous croyons habituellement.
Quand j’étais adolescent je pensais que pour être en lien avec le monde il fallait que je fasse quelque chose de concret, travailler dans l’humanitaire ou dans le domaine social et je croyais que le lien avec les autres viendrait naturellement de ce travail. J’avais fait quelques tentatives avec des associations à but social, mais c’était au fond forcé et mon engagement n’avait pas duré. Je mettais la charrue avant les bœufs! Je crois aujourd’hui que pour entreprendre une action sociale ou humanitaire juste il faudrait déjà avoir un sentiment profond de lien avec les autres.
Les pratiques de bienveillance aimante telles qu’elles sont enseignées dans l’école lors des soirées du jeudi à Paris ou pendant les stages court-circuitent nos idées reçues sur l’amour. Elles nous font découvrir qu’il ne sert à rien d’en parler de façon théorique ou abstraite mais que chacun peut en faire très concrètement l’expérience.
Elles nous montrent que nous sommes tous capables d’aimer, que l’amour s’apprend, qu’aimer est un chemin et non pas un don du ciel que certains auraient, d’autres pas.
Xavier Ripoche
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