Cela fait une semaine que ça ne va pas…

Photo d'un âne, de profil, la tête tournée vers l'objectif, et devant lui, de l'arrière-train d'un autre âne
Cela fait une semaine ! Une semaine que ça ne va pas. Pourtant je devrais être habitué, tous les ans c’est pareil. Je suis entré dans son bureau assez détendu mais j’en suis ressorti deux heures plus tard complètement déprimé et depuis je ressasse cet entretien,  je tourne en rond, je broie du noir.
C’est à peu de choses près tous les ans le même cérémonial.
Tous les critères sont passés en revue : « ça c’est bien, ça c’est moins bien, ici je te mets un plus, là je te mets un moins» et encore : « tu devrais faire preuve de plus d’initiatives, prendre plus de risques », et aussi : « tu es autonome c’est bien, mais on ne sait pas trop ce que tu fais, tu devrais communiquer plus ».
Tout cela est évidemment dit pour mon bien.
Je suis sensé moi aussi infliger dans les prochaines semaines la même épreuve de l’entretien annuel d’évaluation à mes collaborateurs, leur dire ce qu’ils ont fait de bien et ce qu’ils doivent améliorer. Tout cela pour leur bien, évidemment.
Comment expliquer à quelqu’un qui est l’étoile montante de la société, reconnu de tous, hyperactif et débordant d’énergie, qui est dans toutes les réunions importantes, dans tous les projets novateurs, qui à force de volonté a atteint et même dépassé ses objectifs, comment dire que je n’ai pas le même point de vue sur le travail et sur la vie en général ?
Hier soir je suis allé écouter Fabrice Midal pour la sortie de son livre « Foutez-vous la paix ». Cela m’a beaucoup éclairé. J’ai vu que dans une telle situation il ne s’agit pas de dire à mon interlocuteur : « je m’en fous, nous ne sommes pas du même monde », mais plutôt de voir très concrètement en quoi dans ce contexte je m’affaisse, je ploie sous le poids des injonctions, je perds mon humanité, je rentre dans ce système que pourtant je critique.
Je comprends que se foutre la paix est loin d’être facile.
Cela demande un vrai travail mais sans doute au bout du chemin il y a le mot « éthique » qui fait tant défaut dans notre monde du management généralisé.
Xavier Ripoche
Paris
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