Donc, c’est non ?

Photo de la couverture du livre d'Henri Michaux "Donc c'est non"
 Plongée dans le livre « Donc c’est non » qui reprend les lettres de refus divers de Henri Michaux, je ne cesse d’admirer sa féroce intégrité qui lui permet cette incroyable intransigeance couplée d’une aussi incroyable justesse.
Cette intolérance exacerbée pour tout ce qui fige, enserre et estampille est à mon sens exemplaire.
C’est un brin radical évidemment mais grâce à cette radicalité apparaît un amour fou du vivant, du mouvement, de la reconfiguration en permanence du réel.
N’est-ce pas à cela que nous nous mettons à l’écoute sur le coussin de méditation ?
Voici un extrait d’une lettre où Michaux refuse la publication d’une photo de lui.
« Mes livres montrent une vie intérieure. Je suis, depuis que j’existe, contre l’aspect extérieur, contre ces photos justement appelées pellicules, qui prennent la pellicule de tout, qui prennent tant qu’elles peuvent, les maisons familiales, les murs, les meubles, tout ce qui est permanent et stabilité et que je n’accepte pas, au travers de quoi je me vois passant. Tout ce que dans ma mémoire j’atomise, c’est ça que vous voulez faire apparaître. »

 

Marine Manouvrier

Bruxelles
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