Une petite brèche dans notre bavardage mental

Photo d'une table de restaurant, avec une main tenant un verre à pied en premier plan, une belle vue sur une plaine fleurie et des montagnes au loin constituant l'arrière plan

Je me souviens d’un grand restaurant en pleine nature où assis à table on pouvait contempler le paysage sauvage et au loin les montagnes de l’Ardèche.

Tout concourait à créer une atmosphère particulière : la disposition de la table, la décoration, le ballet des personnes qui faisaient le service, la qualité de la nourriture, la musique.

Je revois encore les assiettes artistiquement préparées qui nous étaient servies.
La couleur et la saveur des aliments étaient en accord avec le paysage environnant.
C’était une expérience pleine qui éveillait les sens et qui disposait à une ouverture au monde.
Pourtant, apprécier une telle situation demande une certaine disposition d’esprit. On peut très bien aller manger dans un grand restaurant et passer à côté de l’expérience qui est proposée. On peut être préoccupé par un problème personnel et ne pas parvenir à être pleinement présent. On peut chercher à critiquer tel ou tel point, vouloir évaluer la qualité des aliments ou du service ou penser que cela coûte décidément bien cher.
D’une certaine façon il y a un effort à faire ou plutôt un non-effort puisqu’il s’agit plutôt de se détendre dans l’expérience.
Je vois un peu un stage ou un séminaire de méditation comme un repas dans un grand restaurant.
De la même façon, l’apprécier demande une certaine disposition.
Des personnes préparent le lieu, le décorent, ordonnent l’espace pour qu’il contribue à nous faire entrer dans une expérience. Les intervenants nous font goûter des enseignement ayant des saveurs nouvelles.
Pour autant, être en mesure d’apprécier pleinement ce qui est offert demande de notre part un petit quelque chose, un état de réceptivité, un « non-effort », une détente, une petite brèche dans notre bavardage mental, ce petit rien qui est là, juste avant l’envie d’évaluer l’expérience, juste avant de penser « j’aime » ou «  je n’aime pas ».
Xavier Ripoche
Paris
 
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