Entrer pleinement sur le chemin de la méditation

Image d'un portail forgé ouvrant sur un chemin à l'ambiance d'automne

À la fin du livre, « Le Procès » de Kafka est évoquée une parabole: la parabole de la loi. Il y est question d’un homme qui se présente devant la porte de la loi. Une sentinelle est là qui en garde l’entrée. L’homme demande la permission d’entrer mais la sentinelle lui répond qu’elle ne peut pas le laisser entrer maintenant. Plus tard, peut-être, mais pas maintenant. D’ailleurs, derrière cette première porte il y en a d’autres, plus difficiles encore à franchir. L’homme,  obéissant, reste près de la première porte à espérer qu’un jour lui soit donnée la permission d’entrer mais il obtient toujours la même réponse : « pas maintenant ». Il passe là toute sa vie durant à attendre, à discuter avec le gardien, à le questionner, à espérer pouvoir entrer un jour, mais rien ne se passe. A l’heure de mourir, devenu très faible, il pose une ultime question au gardien. Il lui demande pourquoi personne d’autre que lui n’a demandé à entrer par cette porte pendant toutes ces années. La sentinelle se penche sur lui et lui rugit à l’oreille que personne d’autre n’avait le droit d’entrer car cette porte n’était faite que pour lui et que maintenant qu’il allait mourir il pouvait la refermer et partir.

Je pense parfois à cette parabole en me demandant quelles sont les portes qui dans ma vie attendent que je les franchisse, quels sont les gardiens internes ou externes qui m’impressionnent et m’empêchent de les ouvrir. En regardant en arrière je me dis que j’ai passé beaucoup d’années à tâtonner, à passer d’une passion à l’autre, d’un voyage à l’autre, d’une activité à l’autre, à essayer d’ouvrir certaines portes à en refermer d’autres. Ces tâtonnements n’ont pourtant pas été vains car ils m’ont conduit devant la porte de la méditation.

Un geste concret ancré dans la relation

J’ai osé ouvrir cette porte. Il y a quinze ans, on parlait peu de la méditation. J’habitais loin de Paris, j’avais commencé à pratiquer grâce aux quelques livres que j’avais pu trouver sur le sujet mais je sentais que cela ne suffisait pas. C’était trop abstrait ; il n’y avait pas à cette époque de CD audio de méditation. Je sentais qu’il fallait que quelqu’un me montre, que je ne pouvais pas pratiquer simplement en lisant un livre et j’avais fini par repérer sur Internet un week-end d’initiation à la méditation à Paris. J’ai franchi le pas. L’enseignant de ce week-end dont je n’avais jamais entendu parler s’appelait Fabrice Midal. C’est lui qui m’a ouvert la porte de la méditation pour la première fois et cela a été le début d’une grande aventure, d’un chemin. Il y a eu ensuite d’autres difficultés, d’autres portes qui semblaient infranchissables mais j’ai continué mon chemin dont j’ose dire qu’il est devenu une voie d’accomplissement.

Aujourd’hui découvrir la méditation semble beaucoup plus simple qu’il y a quinze ans. Il y a les CD, les applications audio pour écouter des instructions de méditation. Tout est à notre portée en quelques clics sur un ordinateur ou un téléphone portable. Mais cette facilité n’est à mon avis qu’apparente et il y a un risque à ce que la méditation devienne une sorte de rêverie si on en reste là. A un moment où un autre il faut oser, oser le premier pas, le premier franchissement d’une porte bien réelle. Les méditations audio ne sont qu’un tout petit avant-goût. Elles restent d’une certaine manière dans le domaine virtuel alors que la méditation est affaire de transmission d’être humain à être humain. Une vraie transmission ne peut être virtuelle. La méditation ne peut donner des fruits que dans un espace relationnel. On ne découvre véritablement la présence qu’en présence d’autres êtres humains.

Les portes proposées par l’École

Les soirées « Portes ouvertes » de l’École occidentale de méditation n’ont pas de gardien terrible qui en interdit l’entrée. Elles permettent de goûter cette dimension de pleine présence qu’est la méditation. Et si on sent que cette pratique nous parle, nous appelle, osons aller plus loin, franchir le seuil d’une autre porte.  Les soirées Portes ouvertes ne sont elles-mêmes que des avant-goûts des stages de méditation. Ces stages de quelques jours ont été pensés pour pouvoir faire une expérience pleine et entière de la méditation, pour en découvrir différentes facettes, pour en donner certaines clés qui sont impossibles à transmettre lors d’une soirée. Il y est aussi question de s’accorder du temps pour pouvoir entrer véritablement dans l’expérience de la pratique.

Sans doute qu’après avoir franchi ces quelques portes nous découvrirons que ce n’est encore que le début de l’histoire. D’ailleurs, chaque instant de la vie est un commencement. Mais il se peut, après avoir franchi ces quelques étapes, que nous ayons l’impression d’être entré dans un chemin.

Un chemin et, qui sait, peut-être même une voie.

Xavier Ripoche

Paris

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