Peut-on cesser de vouloir être parfait ?

Photographie montrant un cerceau rouge accroché à un réverbère. À l'arrière plan on voit un arbre et des immeubles.

La volonté de perfection

 

« La volonté de perfection nous inhibe et nous empêche de viser l’excellence » nous disait Fabrice Midal lors d’une soirée portes ouvertes à Paris.

 

Qu’est-ce que cette volonté de perfection ?

Quand je parle il faut que ce soit absolument intelligent,

Quand j’agis il faut que ce soit absolument juste,

Quand je cuisine il faut que ce soit délicieux,

Quand je danse il faut que ce soit gracieux,

Quand je compte, que je fais des reportings ou des bilans il faut que ce soit positif,

Quand je pense il faut que ce soit intéressant,

Quand je décore ma maison il faut que ce soit original et ordonné,

Quand j’élève mes enfants il faut que ce soit exemplaire…

 

Cette exigence vaine nous ronge, comme si – en dehors de cette perfection rêvée – nous n’étions pas légitime. Quelle souffrance nous nous infligeons à longueur de journée ! Quel manque de compréhension envers nous, quel manque de tolérance, de gentillesse…

Vouloir être parfait nous contraint, nous enferme, nous emprisonne !

Ces imperfections qui nous libèrent

 

Or, la vie humaine devrait être un chemin de libération, pas d’emprisonnement. Et la méditation est une voie royale pour emprunter ce chemin. Comment ? D’abord, elle nous permet de découvrir très finement notre manière propre, à nous, de vouloir être parfait. Les endroits où cela nous travaille, les lieux de souffrance.

On s’assoit en silence, dans une belle immobilité, et notre propre manière de faire se dévoile peu à peu, au fil des séances, au fil des années de pratique.

Et peu à peu nous découvrons que l’imperfection nous libère, et plus exactement que d’accueillir nos imperfections nous libère.

 

Que sont ces imperfections ? Ce sont ces aspérités, ces défauts, ces faiblesses, ces différences, ces étrangetés, ces drôleries qui nous rendent humains.

Ce sont ces failles, ces fissures qui laissent passer la lumière de notre humanité…

 

Préfère-t-on une statue parfaite ou une femme qui fait des étincelles, qui provoque des éclats dans le réel par sa différence, sa singularité, ses petits pas de côté ?

 

Au lieu d’essayer désespérément d’offrir une image lisse de nous-mêmes nous pouvons entrer en amitié avec toutes ces facettes qui permettent à la pierre précieuse que nous sommes de briller.

Les étincelles de notre différence

 

Pendant la méditation, le tranquille silence et la belle immobilité que nous installons nous permet de laisser tomber les idées sur ce que nous devrions être. Au lieu de cela, nous apprenons à regarder les étincelles de notre différence. Du silence émergent les étincelles.

 

« Si vous vous aimez véritablement, vous ne blesserez personne » dit le Bouddha;

 

Sommes-nous prêts à laisser la lumière entrer ? Au lieu de nous morfondre sur nos limites, sommes-nous prêts à laisser la vie briller en nous, et par là-même à laisser le monde étinceler ? Car curieusement, dès que nous nous aimons mieux, le monde est plus beau !

 

Au fond qui voudrait d’un monde parfait ? Ceux qui ont essayé ont donné naissance à des monstruosités historiques…

En réalité, ce que nous voulons n’est pas un monde parfait. Peut-être que ce que nous souhaitons c’est plutôt un monde qui brille, qui nous réveille, qui chante, qui retrouve de la magie, de la joie.

Un monde étincelant.

 

Marie-Laurence Cattoire

Paris

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