Bonne année !

Photo d'un paysage rural entièrement recouvert de neige

C’est la fin d’une année et le début d’une nouvelle année.  Un moment de passage, un moment pour dire au revoir à ce qui a été et pour faire de la place et accueillir ce qui sera. Un désagréable sentiment de vertige me saisit quand je me relie à ce temps qui passe. Tant d’évènements, petits et grands, sont survenus, tant de moments ont été vécus, tant de personnes ont été rencontrées ; certaines ont disparu, ou ont été effacées par la distance, et d’autres sont arrivées dans ma vie.

A ce moment de l’année, le passage du temps peut m’apparaître comme un flux implacable que rien ne peut arrêter. Il charrie mes souvenirs, les entraîne vers l’oubli. Je me sens comme un fétu de paille, totalement impuissante, tournoyant vers l’inconnu, sans horizon, sans que rien ne m’arrête.

S’ouvrir au vertige

Alors je m’assieds sur mon coussin de méditation.

Au début c’est pire. Le vertige est intense et me remplit d’effroi. Et puis je sens que je suis assise. Je sens mes fesses sur le coussin, le poids de mon corps qui peut se poser. Même si je sais que le voyage continue, j’ai le sentiment d’être arrivée.  Je respire. Je me sens quelque part.  J’entends les sons autour de moi, des sensations diverses me traversent, des pensées aussi. Moment après moment, le paysage se dessine autrement. Des choses apparaissent, puis disparaissent, laissant place à une nouvelle configuration.

Mais curieusement, ce mouvement ne m’inquiète plus. Le défilement implacable du temps s’est transformé.  Le temps est devenu plus intime, c’est le temps qu’il me faut pour sentir le monde dans lequel je vis. C’est comme si le temps s’était transformé, comme s’il était devenu de l’espace ; un espace vivant, mouvant, avec lequel une relation est possible.

Je suis là, immobile, et comme je suis attentive à chaque évènement, à l’expérience que j’en fais, ce n’est plus leur défilement qui m’apparait, mais leur incessante transformation. Ce basculement d’une année vers l’autre, plutôt que le sentir comme l’implacable fuite du temps, plombé par des regrets et la peur de l’avenir, je peux le vivre comme un moment ouvert, encore indéterminé, où se donne la possibilité d’une transformation, d’une reconfiguration de ce qui me constitue. La nuit profonde de l’hiver et le silence de la pratique nourrissent comme un terreau fertile le secret de la vie en devenir.

Je vous souhaite une année pleine de découvertes surprenantes, à la mesure de votre ouverture à l’inconnu, et une pratique aussi riche et patiente que la terre qui nous porte.

Dominique Sauthier

Genève

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