La flamme de la méditation

Photographie montrant des lanternes volantes s'élevant dans le ciel de nuit.

J’ai découvert la méditation en 2005 en lisant par hasard (mais le hasard existe-t-il vraiment ?) un livre de Matthieu Ricard « Plaidoyer pour le bonheur ». Je me souviens que ce qui m’avait intéressé dans ce livre c’était la présentation de la méditation et les liens que mentionnait Matthieu Ricard avec la science. Les enseignements bouddhistes ne m’intéressaient en revanche pas vraiment. D’autres lectures ont suivi, notamment « Shambhala, la voie sacrée  du guerrier » de Chögyam Trungpa, perspective très différente.

Il n’y avait pas encore à ce moment-là l’engouement médiatique que nous connaissons aujourd’hui autour de la méditation. Il y avait bien des livres mais pas de CD audio pour commencer à s’y mettre concrètement. J’ai commencé à pratiquer en me basant sur les quelques instructions que j’avais pu lire ici ou là, pas toujours cohérentes, parfois même douteuses. Je me souviens d’un livre qui présentait la méditation comme une technique pour atteindre des objectifs personnels comme par exemple gagner plus d’argent et qui préconisait de se concentrer sur la flamme d’une bougie. Cela m’avait laissé circonspect. Je ne comprenais pas trop ce qu’était la méditation au fond ni comment pratiquer. Fallait-il garder les yeux ouverts, se concentrer sur un objet? La méditation était-elle une technique pour améliorer ses performances, un truc pour être plus heureux ou une voie spirituelle ? Rien n’était clair. J’avais l’impression de tâtonner et je me suis rendu compte que pour voir vraiment de quoi il s’agissait, plutôt que d’expérimenter seul et sans indications précises, il fallait que quelqu’un me montre. Alors en regardant sur internet j’ai fini par trouver un organisme qui proposait un week-end d’initiation à Paris.

Je suis donc monté à la capitale, moi qui résidais en province. Par le plus grand des hasards, la personne qui m’a montré comment pratiquer et qui enseignait lors de ce week-end s’appelait Fabrice Midal. Cela fait bientôt 12 ans. J’étais bien loin d’imaginer que cette rencontre allait allumer en moi une flamme qui ne s’est pas éteinte depuis. Cette voie m’a parlé dès le début. J’ai vu que c’était vrai sans pour autant être tout rose. J’ai vu que la méditation n’est pas une technique pour aller mieux mais une voie dans laquelle notre vision du monde se transforme, où on avance vers la simplicité et où il s’agit non pas d’apprendre mais de reconnaître ce qu’au fond on a l’impression d’avoir toujours su.

Cette flamme peut se transmettre

Aujourd’hui, je continue à aller de découverte en découverte, d’étonnement en étonnement sur ce chemin décidément spirituel qui m’a ouvert à la philosophie, à la poésie, à la littérature, à la peinture, à la musique, moi qui ne jurais que par la science.

L’un de mes plus grands bonheurs est de voir que cette flamme qui m’a embrasé peut se transmettre. Elle se transmet depuis le temps du bouddha il y a 2500 ans. Parfois je la vois s’allumer dans les yeux de nouveaux membres de notre École lors d’un stage ou d’un séminaire. Je l’ai vu s’allumer lors du dernier stage « Pleine présence » et lors du séminaire « Foutez-vous la paix » cet été. C’est très mystérieux de voir que chez certaines personnes la méditation ne prend pas – peut-être que ce n’est pas leur voie ou que ce n’est pas le moment pour elles alors que pour d’autres il y a cette petite flamme qui d’un coup se met à briller. Magie de la transmission !

 

Xavier Ripoche

Paris

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