Notre responsabilité : se foutre la paix !

Portrait d'un adolescent par Pablo Picasso, peinture au traits noirs avec des aplats rouges, jaunes et verts.

Lors de la journée Foutez-vous la paix qui eut lieu le 30 septembre à Paris, et à laquelle j’ai eu la chance de pouvoir assister, Fabrice Midal a dit ceci :

« Personne d’autre que nous ne peut nous accorder d’être ce que nous sommes. »

Laisser la vie se déployer en nous

C’est incroyable comme habituellement nous ne nous faisons pas confiance. Nous sommes nos premiers juges et souvent les plus sévères. Jugeant toutes nos actions, dès que quelque chose ne va pas dans la bonne direction, nous nous en voulons. Nous nous croyons responsables de tout ce qui nous arrive. Si cela tourne mal, c’est que nous n’avons pas fait ce qu’il fallait. Et même si tout va pour le mieux, quelque chose reste suspect : nous ne le méritons pas vraiment.

Réagissant ainsi, nous entravons quelque chose en nous. Nous empêchons la vie d’œuvrer d’elle-même. Se foutre la paix, c’est laisser la vie se déployer en nous.

Souvent nous pensons que pour y parvenir, il faut en passer par la volonté. Si je veux, je peux. Ce qui veut dire que si je ne peux pas, c’est que je ne dois pas vouloir assez…

Nous justifions nos échecs par un manque de volonté, alors qu’en réalité, c’est souvent l’inverse. Peut-être que nous voulons trop. Peut-être avons-nous une idée trop déterminée de ce qui doit arriver et que nous empêchons ainsi ce qui doit advenir d’advenir. Nous avons peur de l’inconnu que représente l’avenir, même de l’avenir le plus proche, l’inconnu de l’instant qui vient. Alors nous lui tordons le cou, et nous remplaçons l’incertitude par la fausse certitude de notre jugement.

Comme nous voyons bien que cela ne fonctionne pas, que malgré notre volonté surpuissante nous n’y arrivons pas, nous cherchons à l’extérieur quelque chose qui puisse nous autoriser à être nous-même. Cela peut être un ami, un proche, un médecin ou, dans le pire des cas, un gourou, une fausse croyance… Ce soutien, s’il est bienveillant, peut naturellement être très précieux, et parfois, il peut s’avérer indispensable, comme dans le cas d’une thérapie. Mais il ne sera réellement efficace que s’il nous amène à prendre conscience qu’il n’y a que nous-même qui puissions désobstruer la situation. Il n’y a que nous qui pouvons laisser la vie œuvrer en nous. Cela semble évident, pourtant, nous ne le savons pas.

Un chemin pour nous laisser une chance d’être

La méditation peut être un de ces soutiens bienveillants. En nous apprenant à écouter la situation, à regarder les choses telles qu’elles sont, à chaque instant, la pratique de la Pleine présence nous apprend à entendre la vie qui œuvre en nous et nous montre concrètement comment la laisser être d’elle-même. Ensuite, la pratique de la Confiance nous apprend à apprivoiser notre peur et à voir que si l’inconnu nécessite que l’on prenne un risque, il n’est pas pour autant dangereux. Enfin, la pratique de l’Amour bienveillant nous apprend à développer un autre rapport à nous-même, à cesser de juger toutes nos actions et toutes nos pensées, et ainsi, à nous laisser une chance d’être.

Nous avons chacun une grande responsabilité envers nous-même : celle de nous foutre la paix pour que la vie puisse œuvrer librement en nous. Pour cela il existe un chemin. Il n’est pas facile. Il demande du temps et de la patience. Mais il existe bel et bien !

 

Benjamin Couchot

Bois Colombes

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