S’engager dans le monde

Photo de la couverture du livre de Bernie Glassman, L'art de la paix
Pour qui aurait encore un doute sur la relation entre méditer et s’engager dans le monde, il peut être intéressant de lire Bernie Glassman ; le week-end dernier j’ai relu “L’art de la paix”, un livre extraordinaire sorti en France en 2000.

Le maître zen américain Bernie Glassman y décrit les retraites qu’il a organisées à Auschwitz-Birkenau, il y parle de l’ordre zen qu’il a fondé les Peacemakers et de la mise en œuvre de ses différents projets sociaux.

Ce livre n’apporte pas de réponses car

“il y a peu d’énergies dans les réponses”

dit-il, mais rend compte  d’une suite de témoignages riches et multiformes sur les actions menées par des pratiquants issus de milieux sociaux très divers, tous investis dans une réelle volonté : celle d’œuvrer dans le monde.

On y découvre notamment l’histoire de Fleet Maull, étudiant de Chögyam Trungpa, qui menait une double vie : celle d’un méditant assidu suivant les enseignements de son maître en Amérique du Nord et, le reste du temps, celle d’un trafiquant de drogues en Amérique du Sud. Le jour où, en décembre 1985, il fût arrêté et emprisonné pour une peine de 25 ans, sa vie en fût bien entendu totalement renversée.

En assumant entièrement la responsabilité qui était la sienne, en adoptant la discipline de ne rejeter la faute sur personne d’autre, il a réussi à conserver sa pratique de la méditation en milieu carcéral dans des conditions difficiles à imaginer.

A partir de là, Fleet Maull est celui qui a introduit la méditation dans les prisons (il a fondé en 1989 le “Prison Dharma Network”). Fleet a également permis la création d’un hospice pris en charge par les détenus afin d’offrir soutien et aide médicale aux prisonniers malades, qui représentaient plus de la moitié des effectifs :

“Nous remplacions les membres de la famille, et notre objectif était d’être tout simplement présents à leurs côtés, afin qu’ils sachent que quelqu’un était là pour eux. Nous ne pouvions pas changer le fait que c’était un hôpital de prison, ni les comportements typiques qui existent dans ces endroits, mais nous pouvions être des amis.”

Pour aller plus loin :
L’art de la paix de Bernie Glassman
Un document intéressant à télécharger sur le blog d’Eric Rommeluère :

“Liberté derrière les barreaux”
Sans oublier le livre de Fabrice Midal “Auschwitz ou l’impossible regard”

Marie-Laurence Cattoire

Paris
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