J’ai rencontré un mur !

Photographie d'un mur avec du lierre grimpant dessus.

Dans la maison de famille, en vacances, c’est un joyeux mélange d’agitation, d’un rythme qui s’étire ou se contracte, du passé qui se réactualise dans le présent, de couches d’expériences qui se superposent dans lesquelles il n’est guère facile de se sentir posé.


Un petit endroit au calme

Je profite d’un moment de sieste des enfants pour m’isoler dans une petite cour intérieure. Elle est un oasis de simplicité et d’authenticité dans une grande maison ancienne qui a connu de nombreuses transformations au gré de son histoire et de ses différents propriétaires. C’est un endroit curieusement délaissé par la plupart ; seul le gardien des lieux y a établi son havre et y disparaît de temps à autres, à l’abri des regards. 

Je m’y installe, donc, pour pratiquer la méditation. Je n’ai pas de coussin mais une chaise de jardin fera l’affaire, les pieds nus sur la pierre – devant moi, un mur de pierre. Échos des conversations qui résonnent encore, sensation d’être « perchée » et pas vraiment à ma place, à côté de moi-même, et dans une réalité toute plate, à deux dimensions, composite, en surface. 

À mesure que la pratique s’égrène – corps, souffle, pensées, bonjour ! – quelque chose se met en suspens : le désir de saisir ce que je vois et de l’utiliser, ne serait-ce que par le biais d’un jugement (« quel bel endroit ! ») s’efface.

Face à la présence d’un simple mur

Je vois progressivement le mur de pierre nues prendre corps, il devient dense, il devient MUR. Je n’ai plus simplement l’image, pauvre, de ce qui est sous mes yeux mais la matérialité du mur se manifeste. Il devient vivant. Je suis alors en présence de ce mur unique, si charmant, dans cette cour, dans cette maison, à cette place-là et pas à une autre. Mon mur prend alors toute sa dimension et se charge d’une amicale présence qui fait tressaillir la vie en lui et en moi d’un même mouvement. 

Au fond, c’est un peu de cela dont il s’agit dans l’expérience de la pratique de la méditation : retrouver le souffle, retrouver le corps, retrouver la vie, la présence… et puis l’oublier, et puis recommencer !


Anne-Céline Karli

Strasbourg

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