La cohésion d’une salle de concert

Photo d'un grand champs de coquelicots
Méditer ensemble, le paradoxe par excellence. S’appliquer en commun à quelque chose d’unique, de profondément intime, partager ce qu’on ne peut soi-même, tout en le vivant, qu’à peine envisager : être.
Être de cœur et de simplicité, comme autant de fleurs poussant chacune sa couleur au milieu d’un champ de mai.
Assis ensemble d’une même façon – chacun dans son corps particulier, et par là atteindre à sa propre intégrité, saluée silencieusement par celle des autres. Porté par leur présence, sur le fil du souffle, être en prise avec son esprit – danseur immobile au bal de la tendresse et de la clarté.
Chacun ici est ce qu’il lui plaît d’être à ce moment précis, sans en être ni l’auteur ni la dupe. Le résultat attendu devrait être une belle cacophonie – il se situe à l’inverse du côté de l’harmonie. Une salle de méditants dégage la rare cohésion d’une salle de concert où, autour d’une musique, public et orchestre communient.
Si l’on se penche un instant sur le pourquoi de cette magie, on s’aperçoit combien la méditation unifie. Elle rassemble le corps-esprit, éveillant en nous l’humanité fragmentée et assoupie. Et cette humanité – singulière, manifeste dans sa puissante vulnérabilité – se trouve d’emblée unie à celle d’autrui.
Avez-vous déjà porté l’oreille vers les bois après l’averse d’été ? Un premier oiseau démarre ses trilles, bientôt rejoint par toutes les voix ailées de la forêt.
Ainsi va la pratique. Présence on ne peut plus solitaire – et par là même en lien avec tous dans la célébration de l’unique passage de la vie.
Yves Dallavalle
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