« L’amour qui meut le soleil et les autres étoiles »

Vue de Florence avec le ponte vecchio passant au-dessus de l'Arno

L’amour est une force

Chaque fois qu’il enseigne la bienveillance, Fabrice Midal nous montre que, loin de se réduire à un sentiment, l’amour est une véritable force de guérison et de transformation.

Et pour illustrer la puissance de l’amour, Fabrice cite souvent cette phrase de Dante qui est la toute dernière de La Divine comédie : « …l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles. »


J’aime beaucoup cette phrase. J’aime l’espace poétique qu’elle ouvre vers un possible mouvement du cœur et de l’âme.

Mais jusqu’ici je ne pouvais m’empêcher de la considérer comme une splendide métaphore. Pour le dire autrement, je voyais bien la dimension symbolique d’une telle image, mais un peu moins la réalité – dans les faits – d’une telle description « l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles »… Elle gardait pour moi un caractère utopiste.

Quand l’amour impose sa loi

Or, le week-end dernier, profitant des premiers rayons de soleil, j’étais heureuse de pouvoir me reposer au jardin avec un nouveau livre. J’entame ainsi la lecture de Libre et heureux, ici et maintenant, le dernier ouvrage de Jack Kornfield, enseignant de méditation américain dont nous suivons le travail dans l’École.

Quelle n’est pas ma surprise quand je découvre, au chapitre deux de son ouvrage, l’incroyable histoire que relate Jack Kornfield :


« Toute l’œuvre de Dante, le formidable poète qui écrivit La Divine Comédie à la charnière des XIII et XIVe siècles, est inspirée d’un seul moment d’amour qui a perduré. Comme le raconte le psychanalyste jungien Robert Johnson, tout commence juste avant l’an 1300, un jour où le jeune Dante se trouve près du Ponte Vecchio, un charmant pont médiéval qui traverse l’Arno à Florence. Dante remarque une jeune femme nommée Béatrice qui se tient sur le pont. Se dessine alors en lui une vision qui contient l’éternité tout entière. Dante ne lui adresse pas la parole, et peu après cette révélation, Béatrice meurt, emportée par la peste. Ravagé par sa mort, Dante s’inspire d’elle pour bâtir son œuvre. Elle devient sa muse, son anima, le pont entre son âme et le paradis.

Six cent cinquante ans plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, les Américains pourchassent l’armée allemande qui se replie vers le nord de l’Italie. Au cours de cette retraite, les Allemands détruisent tout sur leur passage, notamment les ponts pour ralentir la progression américaine. Mais personne n’ose faire sauter de Ponte Vecchio, parce que Béatrice s’était tenue là et Dante avait écrit pour cette raison même. Les dirigeants de l’armée allemande entrent donc en contact avec leurs homologues américains pour leur annoncer qu’ils laisseront le Ponte Vecchio intact à condition que les Américains promettent de ne pas l’utiliser. La promesse est donnée, le pont échappe à la destruction et pas un seul soldat américain, pas le moindre équipement militaire ne l’empruntent. Au cœur de cette guerre moderne et sans pitié, le pont fut épargné, simplement parce que Béatrice s’était trouvée là et que l’amour avait frappé Dante. »


Quand j’ai pris cette photo du Ponte Vecchio à Florence en 2014, j’ignorais tout de cette magnifique histoire… Je retrouve aujourd’hui cette image avec une joie indicible et porte sur elle un nouveau regard.


Marie-Laurence Cattoire

Paris

3 commentaires
  1. Gérard.F dit :

    Hello Marie Laurence…
    Merci pour cette belle histoire qui a servi de “mise en disposition” à ma pratique de bienveillance de ce matin… 😉
    Je continue régulièrement depuis notre stage…
    Merci…
    Je t embrasse
    Gérard.F

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    • Cattoire dit :

      Cher Gerard,
      Il reste parfois, même au cœur d’une guerre, une humanité qui veut sauver l’amour ! Ça ne peut que nous encourager à pratiquer la bienveillance en effet. Bons baisers de Paris

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  2. CONSTANTIN CHOUPIS dit :

    Merci ,Marie Laurence ,de nous garder le coeur au chaud..
    Encore plus que la canicule, tes mots nous rechauffent et me rappellent ce très beau moment d’une méditation de Fabrice sur la bienveillance aimante…
    Le Coeur est une Fleur…

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