S’accorder au souffle de la vie

sur une photo ancienne en noir et blanc, deux danseuses sont en rythme. On sent comme un souffle dans leur danse, elles sont à l'extérieur, peut-être dans un champs.

Notre mode de vie actuel a oublié l’attention à la respiration. Respirer est automatique, alors pourquoi s’en préoccuper ? Pourtant, quand ils étaient plus jeunes, si un de mes enfants se faisait mal, la première chose que je lui disais était : « Respire, respire, profondément » et la moitié de la douleur était déjà évanouie. Un autre exemple du pouvoir de la respiration est celui de l’accouchement sans douleur.

C’est en revenant à son souffle, en ramenant une attention directe à son corps que la femme qui donne naissance apaise la douleur physique. La respiration est un formidable antidote à la panique. Tout le monde respire et, en ce sens, nous pouvons tous méditer.

« La respiration n’est pas séparée de vous et en même temps elle n’est pas tout à fait vous, aussi y a-t-il des qualités énigmatiques à la respiration… » Chögyam Trungpa, Le chemin est le but

L’attention à la respiration est un exercice formidable, car il s’appuie sur un mouvement continu mais sans cesse différent, celui du souffle. Dans la méditation, on porte attention à sa respiration sans la modifier ou la manipuler ; on observe plutôt comment elle est : courte, longue, calme, irrégulière, ventrale, par le nez, par la bouche, l’air est chaud ou frais… En portant attention à quelque chose qui n’est pas fixe, on apprend peu à peu la souplesse, on développe une attention vivante, le souffle vient comme un point de repère mais qui est toujours en mouvement, comme la flamme légèrement vacillante d’une bougie. Porter attention au souffle évite d’être trop tendu, trop concentré, trop focalisé sur un objet.

Autre qualité de l’attention à la respiration, c’est qu’elle nous fait peu à peu découvrir l’échange permanent qui se fait entre notre corps, notre être et le monde extérieur. En ce sens, il est conseillé de porter une attention légèrement plus fine à l’expiration, en l’accompagnant d’une sensation de détente, de décrispation. L’inspiration se fait toute seule, très naturellement, puis on suit l’expiration comme on suivrait le mouvement des vagues qui se retirent sur la plage, en développant une forme d’abandon profondément confiant, bienfaisant.

L’inspire/expire, le tendre flux et reflux de la mer qui jamais ne cesse et n’est jamais tout à fait le même.

Extrait de La méditation c’est malin
Marie-Laurence Cattoire

Paris

 

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