Un “ne rien faire” qui n’est pas rien !

Photo d'une séance de pratique au sein de l'École occidentale de méditation, fondée par Fabrice Midal
La méditation est mangée à toutes les sauces depuis quelques années et il est de plus en plus difficile d’en retrouver le goût initial derrière toutes ces manières de l’accommoder. La méditation comme : méthode pour se calmer, pour mieux dormir, pour gérer nos émotions, pour augmenter les ondes gamma de notre cerveau, pour mieux aimer, pour être heureux, pour diminuer son stress, pour essayer le dernier truc à la mode, pour supporter ses enfants, son boulot, ses voisins, son chien, … Bref ! Dans cette société où seules les choses qui ont une utilité ont de la valeur, ce n’est au fond pas si étonnant que cette pratique soit présentée ainsi.

Pourtant, ce qu’il faudrait essayer de voir c’est que si toutes ces choses peuvent être le fruit de la méditation, jamais ces fruits ne mûriront si nous nous asseyons sur un coussin avec ceux-ci comme objectif. Y aller par là, c’est tout prendre à l’envers ! Si ces fruits peuvent un jour éclore, c’est bien parce que nous aurons – à un moment donné de notre existence – choisi de poser un geste qui fait effraction dans le cours habituel de nos habitudes et ce geste c’est s’asseoir. Pour rien !

Pratiquer la méditation, c’est se donner de l’espace et se mettre dans une disposition d’esprit, d’être même, dans laquelle nous sommes ouverts entièrement à ce qui n’a pas de prix. Un temps d’arrêt, où rien ne s’arrête, et où tout se reconfigure.

Je me fais ce cadeau de m’asseoir sur terre et de me rappeler que je suis un être corporel. Je me tiens assise et droite et je reste dans cette posture, je m’y tiens. A chaque fois, c’est nouveau. Parfois je m’ennuie comme un rat mort, parfois je me sens prise dans étau de feu, parfois c’est la grâce, parfois je dors, parfois je touche le cœur de mon être, … jamais ce n’est pareil et c’est à l’être animé par la vie auquel je me relie en méditant. Et ce n’est pas rien !

Et oui, les bourgeons de la pratique fleurissent progressivement, je suis plus courageuse et plus confiante, je me relie plus authentiquement aux autres, j’ai moins peur de toutes ces émotions qui me traversent, je suis plus patiente, je sais que tout est mouvement, plus bienveillante aussi, … Autant de choses intangibles, sans valeur commerciale, qui arrivent au gré de l’expérience, au gré du cœur que l’on y met. Et ce n’est pas rien !

Marine Manouvrier,

extrait de l’enseignement à Bruxelles du mercredi 28/09/2016
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