Vouloir être rassuré

La méditation tranche radicalement avec le mouvement habituel que nous avons à vouloir être rassurés.
Être rassurés par un ami, un maître, un parent, un conjoint, un enfant … peu importe ! Mais quelqu’un qui nous assure dans notre être, nous confirme notre existence, prend en charge une part du poids de celle-ci.

C’est le mouvement qui se cache dans nombre de nos actions, de nos dispositions, de nos désirs, de nos projets. Parfois c’est apparent mais le plus souvent, la manière dont nous ne voulons pas prendre notre part nous est subtilement inconnue. Or l’existence humaine nous appelle à assumer l’humanité que nous avons reçu en partage à notre arrivée sur cette terre.

Pourquoi est-ce si difficile ?

Sans doute parce qu’il y a quelque chose à tenir et à déployer pour qu’au travers notre existence ce que c’est qu’un être humain brille parmi les autres hommes. Sans doute parce que c’est un travail de ne pas passer son existence à sommeiller de divertissement en divertissement. Un travail à reprendre et encore, un travail pour se tenir droit, alerte, ouvert. Vous me voyez venir …
S’assoir sur le coussin, croiser les jambes, laisser le dos à sa verticalité native et nous sommes au travail. Nous rejoignons l’expérience la plus simple d’être humain, juste être. Nous nous sommes donnés ce temps, une demi-heure, 3/4 d’heure ou même 5 minutes, pour se relier à cette expérience qui nous est pourtant la plus immédiate.

Nous ne briserons pas l’énigme de cet être insaisissable.
Nous ne le mettrons pas dans une petite boîte bien étiquetée comme une boîte de clous dans un magasin de bricolage.

Nous ne serons jamais rassuré par l’idée de pouvoir retrouver tout notre être bien rangé à sa place dans le bon rayon: travail-amour-famille-amis-loisir.

S’assoir, c’est constater que nous ne pourrons jamais trouver de refuge ailleurs que dans ce qui est là, maintenant, juste là, cet instant-ci.

Voilà qui est bien inconfortable ! Et voilà aussi la raison pour laquelle c’est une pratique qui, comme toute pratique, demande un entraînement. Ainsi, il y aura des moments où ce mouvement habituel au rassurement s’arrêtera, éclat de présence !

Et nous découvrirons que, même dans l’inconfort, rien pourtant ne s’écroule, ça va, qu’au-delà même du ça va, nous sentirons que notre être a du champ pour son libre mouvement. Nous découvrirons que c’est spacieux et ouvert, même si cela n’a pas nom comme la boîte à clou a un nom.

Puis, de la même manière que ça c’est ouvert, ça se refermera, et comme nous aurons goûté à la vivacité et la brillance du présent, nous nous assiérons demain, et après demain et …

Marine Manouvrier
Bruxelles

Ce texte est issu d’un enseignement du Stage 2 Entrer dans la Confiance.

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