Comment découvrir notre vrai désir ?

Photo des mains de Sylvie en train de scupter la terre

Me voici à nouveau interpelée par le livre de Fabrice Midal, Trois minutes de philosophie pour redevenir humain et la poétesse Emily Dickinson, qui nous dit: On apprend l’eau par la soif. Emily Dickinson nous dit que nous apprenons l’eau non en y plongeant les mains mais par la soif. Et Fabrice Midal nous dit : L’intensité du désir nous pousse à nous ouvrir pour de bon à ce que nous cherchons à atteindre. La difficulté est qu’il ne faut rien imaginer, ce que nous avons tous tendance à faire il importe au contraire de prendre le temps de découvrir ce qui nous appelle. De quoi ai-je soif ? Qu’est-ce qui me manque de façon brûlante pour être plus pleinement ce que je suis ? Notre vrai désir nous vient du plus profond de nous.

Il faut donc apprendre à écouter cet appel en nous. Se poser pour entrer en rapport avec notre désir le plus profond. Le feu ardent qui nous meut. La source qui jaillit sans que l’on puisse la maitriser. Je sens souvent un feu ardent qui ne demande qu’à prendre son essor. J’ai souvent voulu agir pour décider comment gérer ce feu. Chercher à ce qu’il soit efficace, c’est-à-dire qu’il aboutisse et qu’il soit performant. Ce feu alors s’étouffe tout seul. Le désir ne prend pas réellement son envol. À d’autres moments, j’ai pu voir que le geste véritable nait d’une source incontrôlable. Elle nous déséquilibre, nous désarçonne, nous met cul par dessus tête. Pour rencontrer notre désir profond, nous ne pouvons que lâcher le contrôle et nous laisser basculer.

Célébrer la présence

La pratique de la méditation nous donne une occasion formidable de nous poser et de prendre le temps d’accueillir la présence et de la célébrer. Sentir cette densité palpable du corps dans l’espace, ce corps qui respire et pense. Ne rien faire et voir que cela se passe. Rien n’est fixe. Mon corps s’ajuste, il vit dans tout son volume et son épaisseur sensible. Ma respiration me parle de ce qui se vit en moi, des émotions, sentiments, tonalités colorées, une fraicheur froide ou plus chaude… La vie est là et elle continue son chemin sans que je n’ai rien à faire. Et pendant ce temps mon désir prend de la place ou plutôt il se glisse dans l’espace nu qui s’ouvre. Un espace non décidé volontairement.

Apprendre à écouter cet appel en nous

Un appel murit telle une graine qui a été plantée il y a longtemps et que je découvre dans sa croissance.
C’est un vrai apprentissage de laisser cette création s’imposer petit à petit. C’est comme quand je mets les mains dans la terre pour modeler une sculpture : c’est la rencontre des sensation de la matière et du mouvement des mains qui s’accordent progressivement à ce qui m’appelle. Je me laisse guider par une force, un souffle, des directions. Bien sûr, par moments, des idées cherchent à reprendre le contrôle. C’est là tout le travail : retrouver à chaque moment ce qui m’appelle, laisser un espace s’ouvrir et donner place au désir, revenir à la présence, laisser œuvrer la vie en moi et conduire le désir que je rencontre, son feu emmène mes mains dans la terre.

Ouvrir l’espace du sensible

La pratique de la méditation est une voie royale pour laisser le monde du sensible se déployer. On peut lui redonner sa place. Dans la vie quotidienne, le bus, le métro, le milieu du travail, nous sommes souvent obligés de construire une forme autour de nous qui n’est pas forcément hermétique mais qui nous tient en alerte. Selon les situations, ce n’est plus le monde du sensible qui est au premier plan. Mais, dans la pratique, il retrouve son plein essor et peut nous montrer l’espace ouvert du cœur et de l’aspiration profonde.

Sylvie Storme

Bruxelles

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