Comment entrer en amitié avec la méditation

Image en gros plan de deux mains jointes

Il y a toujours une première fois à la pratique de la méditation. Pour moi c’était il y a environ quinze ans. J’ai vu depuis un grand nombre de personnes qui ont été initiées à la pratique. J’imagine que beaucoup d’entre elles n’ont pas poursuivi dans cette voie.

Je me demande ce qui fait que la méditation devient un chemin ou pas ? Qu’est-ce qui fait que ça peut évoluer sur le terrain de l’amitié ? Car je vois un parallèle entre mon propre parcours et la naissance d’une amitié entre deux personnes. Au début, lors de la première initiation, c’est comme une nouvelle rencontre, on ne sait pas si ça va durer. Il peut y avoir comme un coup de foudre pour la méditation. On est ému, on sent que cela nous parle, mais on ne sait pas bien comment aller plus loin. On tâtonne.

Au début, être patient

Quand on se retrouve seul chez soi ce n’est pas évident de trouver le bon lieu pour pratiquer, le bon créneau horaire, le rythme adéquat. Il est question, comme pour une amitié, d’apprivoiser la pratique et de lui faire de la place. Au fond c’est aussi comme cela que se construit une amitié avec une personne. Au début on peut trouver cette nouvelle relation fantastique, incroyable, mais cela peut retomber. Je me souviens de quelqu’un qui en découvrant la pratique de la méditation avait trouvé que c’était absolument génial et puis quelques jours après c’était fini. La magie avait disparu. L’enthousiasme était retombé.

Au début, on peut éprouver une sorte de timidité ou de paresse. On n’ose pas aller trop loin. On n’ose pas s’engager. Pour aller du côté de l’amitié, il faut arriver à vaincre ces obstacles. Une amitié ne vient pas du jour au lendemain, elle demande de la patience, du temps, une forme de discipline aussi. Il faut lui ménager de l’espace. Elle s’entretient. C’est comme une plante, si on ne l’arrose pas régulièrement, si l’on n’en prend pas soin, elle meurt.

A l’inverse, si la discipline est trop rigoureuse, si on pratique pour se prouver quelque chose, cela peut être très dur et il se peut qu’au bout de quelques temps on n’en puisse plus et qu’on laisse tout tomber. Il s’agit d’avoir une approche souple, ni trop relâchée, ni trop rigide.

Une expérience qui se partage

Personnellement, ce qui m’a aidé à faire de la pratique un véritable chemin, c’est de lire des livres et de participer à des stages ou à des séminaires. A chaque fois cela a été l’occasion de découvrir de nouvelles facettes de la méditation et de revivifier ma pratique. En effet, la régularité de la pratique individuelle ne suffit pas, il faut de temps en temps faire entrer un souffle d’air frais. C’est comme pour l’amitié ; se voir régulièrement c’est bien, mais souvent, ce qui permet à une amitié entre deux personnes de perdurer et de grandir, ce sont leurs projets communs, partir en voyage ensemble pendant plusieurs jours par exemple, vivre de nouvelles aventures, découvrir de nouveaux paysages.

Comme pour l’amitié, la méditation est pour moi une expérience de vérité. La méditation, comme l’amitié, n’a rien de facile. On peut traverser des épreuves difficiles. Pour l’une et l’autre il ne s’agit pas de rêver mais de garder les pieds sur terre. Un vrai ami c’est aussi quelqu’un qui nous dit des choses qu’on n’a pas forcément envie d’entendre, même s’il les dit avec bienveillance.

Je pense que les trois ingrédients principaux qu’on découvre dans la méditation, la présence, la confiance et la bienveillance, sont aussi les éléments que l’on trouve dans une véritable amitié. Sur ces bases, un sentiment de richesse se développe. On se sent exister.

Une exigence de sincérité

Pour ma part, c’est souvent dans les situations difficiles que je sens le plus la dimension d’amicalité de la pratique. Ce n’est pas juste un réconfort, c’est un travail qui se fait, une épreuve de vérité. Quand je vis une situation de conflit par exemple, j’ai tendance à ne voir tout d’abord qu’un côté de la situation. Cela tourne en rond dans mon esprit. Je suis souvent submergé par des émotions dont je ne peux rien faire. La pratique remet les pendules à l’heure. Elle me permet de voir d’autres facettes. Au lieu de tourner en rond en ressassant les mêmes idées préconçues, je sors d’une approche purement logique et rationnelle de la situation et je vois peu à peu les choses d’une manière neuve.

Voilà comment ma relation avec la pratique de la méditation est devenue une amitié profonde et féconde qui ne cesse de grandir au fil des années.

Xavier Ripoche

Paris

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