La méditation fait partie de mon quotidien

Georgia O'Keef Meditation
La méditation telle qu’elle est transmise à l’École occidentale fait partie de mon quotidien depuis bientôt sept ans.
Rares sont les jours où je fais l’impasse, à vrai dire je crois que je n’ai jamais laissé passer plus de trois jours sans m’y mettre.
Certainement,  j’ai peur que ce lien à la pratique, tel un fil de soie, puisse casser,  se déchirer.
Ne voulant pas prendre ce risque j’ai opté pour la régularité qui entretient la souplesse, l’élasticité et la résistance du fil.
Ce matin je suis partie de chez moi pour le troisième jour consécutif sans pratique.
Finalement, qu’est-ce qui est différent ?
Qu’est-ce qui manque ?  Puisque en apparence, c’est pareil :  Je pars en courant, car il est déjà plus tard que je ne voulais, je n’ai pas réussi  à finir de ranger, à  répondre au téléphone, à prendre le parapluie …. J’emprunte le même chemin,  le métro aux mêmes heures, je révise le mouvement. Le vent balaie les derniers nuages pendant le trajet,  j’arrive à destination avec un léger retard et ça m’énerve.
Ce matin, cet état de fait pas rare était plus pesant, plus dense, plus collant.
Je perçois la différence  par contraste.
La pratique, c’est comme si elle ouvrait un pan de moi à un espace inconnu de moi mais bien réel. C’est comme si ‘moi’ était assis sur quelque chose d’ouvert.
Un pan de moi, à mon insu, en lien direct avec le monde. Mon voyage est beaucoup plus intéressant.

Moins préoccupée par mon retard, je regarde, j’imagine, j’observe, je suis beaucoup plus tranquille et confiante – la journée prendra l’allure qui sera la sienne. Quoiqu’il advienne, quelque chose se tient ouvert..

Le poème de Nelly Sachs me vient à l’esprit, S’en aller sans un regard en arrière, c’est le trente troisième des poèmes rassemblés par Fabrice Midal dans Être au monde

S’en aller  sans un regard en arrière
Des yeux éloigner même l’occasion des larmes
Lorsque Tsong Khapa quitta son maître
Il ne se retourna pas vers lui
L’adieu habitait son pas
Le temps jaillissait en flammes de ses épaules –
L’Abandonné cria :
“Jetez son abri à l’abîme”
Et sur l’abîme flotta l’abri
Transpercé par l’éclat de cinq couleurs
Et lui marchait sans adieu
Au lieu livide du seul esprit
Sa demeure n’était plus une maison
Mais lumière

Elisabeth Larivière
Paris

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