Comment « Foutez-vous la paix » m’aide au quotidien ?

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Depuis que Fabrice Midal enseigne le geste qu’est « Foutez-vous la paix », je ne cesse de découvrir comment ce mouvement m’aide au quotidien, dans un grand nombre de situations.
Je travaille dans une institution pour personnes en situation de handicap mental et j’accompagne un jeune dans son quotidien. « Foutez-vous la paix »  m’aide à ajuster ma manière d’être auprès de lui lors des moments de crises, les moments où je me sens sous pression, lorsque la situation semble bloquée et que je ne sais pas quoi faire…
Ce jeune a beaucoup d’obsessions, de tocs, de pensées délirantes. Par exemple, au moment de s’habiller, il a peur que ce ne soit pas ses habits ; quand il doit manger, il a peur qu’on cherche à l’empoisonner, idem pour prendre ses médicaments. Les actes du quotidien comme s’habiller, sortir de sa chambre, manger, prennent beaucoup de temps et sont souvent source de tensions.
Dans ce cadre là, « Foutez-vous la paix » m’aide à ne pas attendre que les choses soient autrement que comme elles sont. Parfois, au moment de sortir faire une ballade avec lui, la situation se bloque. Quand il doit mettre ses chaussures, n’y arrivant pas, il s’énerve et crie, pensant que ce ne sont pas les siennes.
A ce moment là, plutôt que de paniquer ou d’être impatient parce que l’après-midi a bientôt passé et que nous ne sommes toujours pas sortis, « Foutez-vous la paix » m’aide à lâcher tout projet, à lâcher  l’idée même de sortir ou de faire une marche.
Par ce geste, je peux être auprès de lui dans une attitude beaucoup plus ouverte, accueillante et contenante, sans aucune intention.  Je ne cherche pas tout de suite à faire ou à dire quelque chose mais je prends quelques secondes pour écouter la situation, pour entendre la souffrance qu’il ressent et à partir de là, j’essaie de voir quelle réponse est possible.
Peut être juste rester en silence… Attendre et voir ce qu’il se passe…
Peut être dire un mot, le rassurer, lui prendre la main… Souvent, le simple fait d’être présent change déjà tout, et la ballade peut avoir lieu.
Guillaume Vianin
Neuchâtel
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