Des lieux qui invitent à la méditation

Vue de l'extérieur d'une chapelle en bois

En voyage, en vacances ou simplement en déplacement, il nous arrive de pratiquer dans des lieux incongrus où rien d’extérieur ne favorise la méditation.

Je trouve cela toujours intéressant et éprouve à chaque fois à quel point la posture est précieuse car c’est elle le réceptacle de ma pratique, où que je sois.

Et où que je sois, je peux m’établir en méditation tel un nomade établissant son camp.

Je me rends compte aussi que méditer contribue à nouer un lien avec un lieu.

Mais en tout pays, en toute ville, il est aussi possible de trouver des lieux qui invitent à la méditation.

Lors de mes dernières pérégrinations en Autriche, j’ai enfin pu visiter une discrète bâtisse située à 1600 m d’altitude.

Un couple de paysans, pour s’acquitter d’un vœu, celui de mettre au monde un enfant en bonne santé, offrit cette chapelle sur les terres de leur alpage.

Un concours d’architecture fut lancé, la récompense pour les gagnants :  

trois meules de fromage.

Le petit édifice fut monté à la main, sans grue mais avec l’aide d’amis et l’implication volontaire de professionnels.

Sur un socle de pierres ramassées dans les environs s’élève la construction de bois en tricotage vertical. Ce mode de construction traditionnelle n’emploie ni clous ni vis : la fin du faisceau de bois, en forme de queue d’hirondelle, permet l’emboîtement à fleur.

Le bois provient naturellement des sapins centenaires du lieu.

Vue de l'intérieur d'une chapelle en bois

La lumière entre par une fente de verre de la même épaisseur que les faisceaux de bois et l’éclairage se teinte selon la lumière naturelle ; d’un côté le soleil, de l’autre, l’ombre.

La surface moulurée extérieure est identique à celle du dedans. Il n’y a aucun revêtement, tout est autant visible : le dehors et le dedans.

Autrement dit, la structure et l’apparence ne font qu’un.

S’asseoir dans ce lieu a été très spécial.

Comme si l’architecture disait l’expérience qu’il m’est parfois donnée de faire lors de la pratique : cette sensation d’unité, quand il n’y a plus de séparation entre le dedans et le dehors. Un instant, les cloisons tombent, tout est visible. 

Aucun revêtement. Comme si cette petite chapelle avait donné corps à ma sensation.

Elisabeth Larivière

Paris

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