Ne pas s’isoler, entrer en relation

Photographie montrant quatre femmes souriantes se tenant par le bras.

Une idée saugrenue…

Il existe une idée assez saugrenue à propos de la méditation : celle de croire qu’on méditerait pour s’isoler quelques instants et se protéger du monde. Que la session de méditation serait un moment de calme, pour soi, entre deux moments de speed ou de stress…

Si – à priori – cela peut sembler logique, en fait, c’est exactement l’inverse de l’isolement que propose la méditation.

Par exemple, pourquoi la méditation se fait-elle les yeux ouverts ? Parce que nous nous entraînons à nous ouvrir au monde et non à le fuir ou à nous en couper. La méditation n’est pas une manière d’éviter de se confronter à la vie, mais au contraire, un art pour entrer de plain-pied dans son existence.

Et d’ailleurs, si en méditant nous cherchons à nous enfermer dans une bulle protectrice, il y a de fortes chances que l’on soit encore plus fragile quand on rencontrera de nouveau notre quotidien, notre entourage, notre vie de tous les jours ! Nous risquons d’être encore plus irritables, encore plus contrariés par le monde !

Une pratique relationnelle

 

Nous sommes des êtres de relation… Et la méditation est une pratique relationnelle.

La méditation est très simple mais elle est d’une telle subtilité qu’il faut toujours y regarder à deux fois pour découvrir ce qu’elle recèle. Par exemple, la méditation est un chemin individuel, c’est-à-dire un chemin que personne ne peut faire à votre place. Et pour autant, ce chemin, on ne peut le faire seul !

Tout d’abord, nous avons besoin que la méditation nous soit transmise par quelqu’un, avec précision, délicatesse et humanité. Ensuite, il est nécessaire que la pratique soit interrogée par l’expérience de chacun. Et que l’on puisse poser ses questions, que l’on puisse confronter la diversité des expériences, que l’on puisse partager… Méditer tout seul est vraiment difficile. On prend de mauvaises habitudes, on ne sait plus, on se trompe, on ne dialogue plus.

« On ne se découvre pas tout seul, c’est dans la relation que l’on reconnaît qui on est. Et tant qu’on ne sait pas qui on est, on ne peut rien faire… » écrit Fabrice Midal dans Sauvez votre peau, devenez narcissique.

Le grand maître zen Shunryu Suzuki le disait ainsi : « Se rencontrer soi-même suppose de pratiquer avec d’autres. Quand vous voyez quelqu’un pratiquer sincèrement, c’est vous-même que vous voyez. »

La pratique solitaire est bénéfique mais une fois que l’on a vraiment compris la méditation, une fois que l’on a appris à prendre soin de soi, à être attentionné. Et même à ce moment-là, elle reste complètement relationnelle. On se rappelle qu’elle nous a été transmise et que l’on n’a rien inventé tout seul. Nous viennent à l’esprit nos amis qui pratiquent, peut-être à l’autre bout du monde, peut-être en même temps que nous. Nous sommes portés par une communauté de pratiquants qui, eux aussi, veulent s’ouvrir au monde et s’engager dans leur vie pour de bon.

Ainsi, méditer n’est pas s’isoler, mais c’est se mettre chaque jour un peu plus à l’écoute du monde et des autres.

 

Marie-Laurence Cattoire

Paris

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