Notre véritable nature

« Notre véritable nature n’est pas un idéal auquel nous devons aspirer. C’est la personne que nous sommes maintenant et c’est ce avec quoi nous pouvons entrer en amitié et célébrer. »

Citation de Pema Chödrön à propos de la nature de Bouddha

Comment ne pas céder à cette idée tenace qu’il serait mieux d’être (même un peu) différent de ce que nous sommes ? Alors que le printemps commençait à peine à poindre le bout de son nez, je traversais des journées empreintes d’une mauvaise humeur de fond. Mes journées en « distanciel », remplies de cours en ligne, semblaient accentuer toujours un peu plus cette désagréable sensation. C’était comme un petit caillou dans ma chaussure qui commençait à m’agacer. Après quelques jours d’un sentiment de contrariété grandissant, j’ai décidé de lâcher un peu mon rythme quotidien pour me balader en forêt.

Une invitation à être radicalement comme nous sommes 

Il est étonnant de voir comment le contact avec la nature peut nous aider à ramener très naturellement notre esprit à plus d’espace, et peut-être d’autant plus lorsque l’on est citadin. J’étais toujours pris par mes préoccupations mais au fil de mes rencontres avec les oiseaux, les bourgeons, le vent ou la pluie, c’est tout un champ sensoriel qui me permettait de me remettre en mouvement. Ce mouvement n’avait pas fait disparaître le caillou dans ma chaussure mais il l’avait mis à sa juste place, caillou parmi d’autres cailloux potentiels, petit caillou simplement. Il me semble que la forêt me remettait en phase avec la personne que j’étais ce jour-là au milieu des arbres : j’étais quelqu’un de tendu et la forêt m’invitait à dire oui à cette personne sous tension.

Célébrer la lumière et l’ombre 

Donner droit de façon radicale à la personne que nous sommes, cette personne familière certes mais imprévisible et changeante, est la clé de l’esprit de la méditation. Cultiver cet esprit est un chemin difficile et nous sommes souvent tentés de ne pas vouloir être nous-mêmes : nous refusons nos limites, nos humeurs, nos imperfections, notre chagrin, nous aimerions bien être autrement. La pratique assise et son écho dans la vie quotidienne, dans le lien avec la nature, les arts ou le travail de la pensée comme la philosophie, nous offrent des ressources précieuses pour cultiver notre vraie nature, cette nature de Bouddha évoquée par Pema Chödrön. Pas un autre soi à atteindre, pas un soi spirituel ou meilleur, mais bien qui nous sommes-là et qui n’attend qu’à être célébré tel qu’il est, avec ses lumières et ses ombres.

Antoine Panaïté

Paris

0 commentaires

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *