Pas d’enseignement sans fleur

Photographie d'un atelier de confection de bouquet de fleurs.

Un détail d’importance

La méditation m’a appris à regarder les fleurs. Il faut dire que dans l’École il n’y pas d’enseignement possible sans une rose ou un bouquet. Le tout récent séminaire que vient de donner Fabrice Midal, le bien-nommé « Narcisse », n’a pas échappé à cette condition poétique ! Pour cela il s’agissait de choisir et commander à l’avance suffisamment de fleurs pour créer plusieurs bouquets dans la salle de pratique. Lupins, jonquilles, narcisses, arums et roses se sont accordés pour nous aider à méditer.

Assise sur mon coussin j’étais en face d’un bouquet jaune qui saluait un portrait de Rainer Maria Rilke. Et cet arrangement floral m’a accompagnée pendant toute la semaine, sans dépérir. Il faut dire que Catherine en prenait le plus grand soin, qui les sortait au frais chaque nuit et les bichonnait chaque jour.

Une présence douce et tendre

Quand j’ai entendu Fabrice Midal pour la première fois, en 2004, il y avait déjà une rose à ses côtés. Cela m’a interpelée. Et puis j’ai compris. La rose est là pour nous rappeler que nous avons un cœur. Tendre et fragile. Qui ne demande qu’à s’ouvrir. Les fleurs sont là pour que nous n’oublions jamais que la beauté sauvera le monde.

Méditer devant une fleur est une expérience assez merveilleuse. La regarder pleinement, c’est-à-dire avec tous ses sens, de tout son être, apporte un profond soulagement. Une vraie fleur est d’une douceur indicible. Plonger au cœur de la rose c’est plonger dans l’histoire du monde, mais sans commentaire, en s’harmonisant juste à sa présence vulnérable et royale.

Renaissance

Et puis cette semaine autour du mythe de Narcisse nous a montré à quel point une fleur pouvait être symbole de renaissance. Fabrice a pointé la première floraison printanière qui nous enjoint à laisser tomber les forces de mort pour permettre l’émergence des forces de vie. Laisse mourir en nous ce qui nous égare pour laisser naître un nouveau souffle, un nouveau jour.

Photographie de Catherine ajustant un bouquet au-dessous d'un portrait de Rilke

Je ne sais pas composer un bouquet, je choisis mal les vases, et j’admire d’autant plus celles et ceux qui savent le faire. À chaque séminaire, ils nous font un cadeau, celui d’une certaine dimension poétique, toute simple et d’une grande fraîcheur.

Et la fraîcheur, quand on pratique longtemps est une alliée précieuse !

 

Marie-Laurence Cattoire

Paris

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