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Entrées par Dominique SAUTHIER

Photo d'un sol de forêt

S'ouvrir à l'entièreté de la Vie

Souvent, je vais me promener le long du Rhône, sur un sentier qui trace une voie dans un bois peuplé de noisetiers, de petits chênes, de frênes, dont les troncs sont souvent enlacés par d’impressionnantes racines de lierres grimpants, ou habillés d’une mousse vert brillant. J’apprécie cette promenade où la présence des bêtes sauvages est perceptible, et où la nature semble encore vivre sa vie. En semaine, je peux marcher dans ce bois deux ou trois heures sans croiser d’être humain.
Photo d'une armoire ouverte, bien remplie

Le poids des choses, suite

Le sort d’une armoire vaudoise appartenant à ma grand-mère est resté en suspens pendant longtemps. Dans un premier temps, je voulais m’en débarrasser, la trouvant trop pesante et monumentale. J’avais le sentiment qu’elle envahissait mon espace vital et ne laissait plus de place à mes propres choix. Mais quelque chose résistait, j’ai décidé de ne rien décider, et de laisser apparaître ce qu’il y avait à faire.
Photo d'un paysage rural entièrement recouvert de neige

Bonne année !

C’est la fin d’une année et le début d’une nouvelle année. Un moment de passage, un moment pour dire au revoir à ce qui a été et pour faire de la place et accueillir ce qui sera. Un désagréable sentiment de vertige me saisit quand je me relie à ce temps qui passe. Tant d’évènements, petits et grands, sont survenus, tant de moments ont été vécus, tant de personnes ont été rencontrées ; certaines ont disparu, ou ont été effacées par la distance, et d’autres sont arrivées dans ma vie.
Détail d'une photo de Sigmar Polke

Le poids des choses

Depuis des années, j’ai accumulé des meubles, des objets, qui ont atterri chez moi après la disparition progressive de la génération de mes grands-parents. Mes parents me proposaient de prendre chez moi, (« c’est grand chez toi, tu as de la place »), le secrétaire de mon grand-père, la belle armoire vaudoise de ma grand-mère, le buffet, la vaisselle, les nappes, encore un secrétaire, et puis encore un lot de chaises, et ce petit guéridon…
Photo de dos de deux petites-filles de Dominique Sauthier

La pratique au carré

Peu après les neuf jours du Stage 4 passés dans le silence et l’immobilité d’une pratique intensive, je suis partie en vacances avec deux de mes petites filles. Le contraste a été tellement saisissant, que je me suis demandée comment relier deux expériences si diamétralement opposées. Pendant les neuf jours de retraite, je me suis progressivement posée, et toutes les résistances qui au début rendaient ma pratique difficile et inconfortable ont cédé pour laisser place à une présence simple et sans histoire où je me suis sentie en paix avec moi-même et ce que je rencontrais. Mes petites filles de 6 et 8 ans sont pleines de vitalité, une vitalité qui s’exprime par des rires joyeux et un infatigable besoin de mouvement, mais aussi par des disputes, des chamailleries, des plaintes et des cris.
Photographie de la frondaison d'un arbre à la fin de l'été.

La ronde des saisons

Nagori Dernièrement, j’ai lu un livre d’une auteur japonaise intitulé Nagori. Dans ce livre, Ryoko Sekiguchi parle d’une notion propre à la culture japonaise liée à la perception du temps, le nagori ; c’est un terme qui…
Photographie d'un paysage avec un fleuve

Méditer pour s’établir dans son existence

La plupart du temps, nous définissons ce que nous vivons par ce que nous faisons. Si nous parlons de notre journée, nous énumérons les différentes choses que nous avons accomplies, où nous sommes allés, qui nous avons rencontré, ce que nous avons dit, ce que nous avons décidé. On pense que s’établir dans son existence consiste à organiser sa vie, à planifier son avenir, à faire des projets. Plus on contrôle sa vie, plus on a le sentiment d’être établi dans son existence.
Photographie d'une corneille par Masahisa Fukase

Un bref instant de vie

Il y a environ deux semaines, je pars en voiture de chez moi. Je traverse le village puis prends la route qui mène vers Genève. Un trajet si connu que je roule distraitement, mon esprit est partagé entre la conduite, la radio et toutes sortes de préoccupations. Et pourtant, malgré mon enfermement total dans ce petit univers hermétiquement clos, quelque chose vient faire effraction et ouvrir une brèche.
Tableau de Paul Cézanne intitulé "Verre et pommes" peint entre 1879 et 1880.

Pratiquer comme Cézanne peint une pomme et retrouver notre place dans le monde

« Le grand effort de Cézanne a consisté à éloigner la pomme de lui, pour ainsi dire, afin de la laisser vivre sa vie propre. Ce n’est pas grand-chose en apparence ; pourtant c’est depuis plusieurs milliers d’années le premier vrai…