Montage photo des portraits de Rosa Luxembourg, de Hanna Arendt et de Simone Weil

Rebellinnen

De récentes retrouvailles avec une amie me permirent un constat intéressant. Nous nous étions rencontrées car nos maris étaient des amis très proches et, lorsque cette amitié née et sauvegardée dans un cadre familial, fut bouleversée par un divorce, nous nous perdîmes de vue. Il y a quinze jours, presque trente ans plus tard, nous nous sommes vus à nouveau, elle, son mari et moi-même. Nous nous sommes rendus compte que l'amitié était intacte et que le plaisir d'être ensemble était toujours aussi vif. Pleins d'aspects sont restés pareils, l'intonation de la voix, la manière de se mouvoir, l'éclat du regard, des manières de parler, des expressions propres à chacun.
Image du film Princesse Monokoke

S’asseoir dans sa dignité

Cet été, au mois d’août, a eu lieu le séminaire Faire se rencontrer le ciel et la terre, au Fort Saint André. Lorsqu’il a été achevé et que je me suis demandé ce que j’y avais expérimenté, et en quoi il m’avait déplacée, un mot plutôt pompeux a surgi : « couronnée ». Je me suis sentie couronnée lors de cette semaine de méditation. Comme je fus étonnée de ce mot ! J’ai déjà participé à de nombreux stages et séminaires de méditation au sein de l’École, mais c’est bien la première fois que me vient un mot aussi noble pour caractériser mon expérience.
Image du tableau de Chagall "Le cheval d'ébène" (1946)

La confiance du ré-ensauvagement

Le baromètre de la confiance 2020 mené par le centre de recherche de SciencesPo a montré que l’état d’esprit dominant chez les Français cette année était la méfiance[1]. 87% des Français n’ont pas confiance dans la classe politique, et plus de 60% n’ont confiance ni dans le gouvernement ni dans le président. Ils n’ont pas plus confiance dans les médias (à 69%), dans les grandes entreprises (55%) ou dans les responsables religieux (71%). Mais alors en quoi avons-nous confiance ?
Tableau de Miro intitulé "Oiseau éveillé par le cri de l'azur s'envolant sur la plaine qui respire" 1968

Retrouver la vivacité du monde

Ce matin, quand je me suis assise sur mon coussin pour méditer, je me suis rendue compte que j’étais un peu éteinte ; je me sentais prise dans un léger brouillard qui me donnait une impression de lenteur, de lourdeur. Tout de suite, j’ai cherché des causes : pas assez dormi, ou trop dormi ? Mangé trop lourd, ou trop tard ? Et ensuite est venu tout ce que je devrais faire pour que ça n’arrive pas.
Image de la peinture "Homme debout, les bras étendus", de Cézanne

Rencontre avec un kinésithérapeute, enseignant en méditation

La méditation n’est pas une gymnastique, elle n’est pas une affaire de posture à réussir, elle est un juste retour au corps, elle redonne droit au corps, elle nous aide à découvrir que nous pouvons nous confier au corps que nous avons, même s’il n’est parfait, même quand il est malade ou vieillissant.
Photo de Cerasuolo, 25 avril 2016

Habiter réellement un lieu

Ce matin, je pratique la méditation de pleine présence après un voyage de deux jours enfermée dans une voiture depuis Bruxelles pour descendre 1650 kilomètres plus au sud. J’ai la grande chance d’être arrivée dans notre maison au milieu d’un petit village des Molises/Abruzzes, dans les montagnes au sud de l’Italie C’est une maison que je connais très bien puisqu’il s’agit du village d’origine de mon mari et que nous y venons souvent. Et pourtant, en m’asseyant ce matin sur mon coussin, je vois tout de suite une énorme difficulté à être là.
Photo de George Floyd et texte en anglais

He can't breathe

Nous sommes en 2020. Et en 2020 encore, des êtres humains meurent des mains de ceux qui sont censés les protéger. L’État tue, en 2020, et nous ne pouvons l’ignorer. La mort de George Floyd, à Minneapolis la semaine dernière, est profondément choquante. Elle signe, une fois de plus, l’inhumanité propre à notre temps. Un homme noir, assassiné dans la rue en plein jour, étouffé par le genou d’un policier blanc, écrasant son cou durant de longues minutes et refusant d’entendre les derniers mots répétés par cet homme : « I can’t breathe. I can’t breathe. »
Image d'un ensemble de végétaux

Être ensemble

Retour sur Paris après plus de deux mois de confinement en Ardèche. Cela fait drôle de n’avoir vu personne, ni collègues de travail, ni amis pendant aussi longtemps. Je me rends compte à quel point ces relations me manquent. Les conférences audio sur internet, même si ce sont des outils extrêmement précieux dans une situation de confinement, laissent un goût d’incomplétude. Quelque chose fait défaut. La présence est avant tout corporelle. Les êtres humains ont besoin d’être ensemble corporellement.
Photo des mains de Sylvie en train de scupter la terre

Comment découvrir notre vrai désir ?

Me voici à nouveau interpelée par le livre de Fabrice Midal, Trois minutes de philosophie pour redevenir humain et la poétesse Emily Dickinson, qui nous dit: On apprend l’eau par la soif. Emily Dickinson nous dit que nous apprenons l’eau non en y plongeant les mains mais par la soif. Et Fabrice Midal nous dit : L’intensité du désir nous pousse à nous ouvrir pour de bon à ce que nous cherchons à atteindre. La difficulté est qu’il ne faut rien imaginer, ce que nous avons tous tendance à faire il importe au contraire de prendre le temps de découvrir ce qui nous appelle. De quoi ai-je soif ? Qu’est-ce qui me manque de façon brûlante pour être plus pleinement ce que je suis ? Notre vrai désir nous vient du plus profond de nous.