Apprendre à s’aimer, nombrilisme ou vraie bonne idée ?

Photographie de Marie-Laurence Cattoire et Marine Manouvrier.

En deçà de l’agressivité

Un des premiers livres que j’ai lus quand j’ai commencé à m’intéresser à la méditation était Entrer en amitié avec soi de la nonne bouddhiste Pema Chödrön. Étudiante de Chögyam Trungpa, Pema raconte sa découverte de la bonté fondamentale présente en chacun de nous. J’ai d’abord trouvé l’idée un peu folle (que nous ayons tous – au fond de nous – une bonté) puis j’ai compris peu à peu à quel point cette révélation était juste.

En effet, en découvrant, grâce à la méditation, que ce n’est pas mon agressivité, ma méchanceté, ma brutalité qui sont premières mais qu’elles servent plutôt à recouvrir la peur que j’ai de ma fragilité, de ma tendresse, de mon cœur, c’est un bouleversement qui s’opère.

Devenir ami avec soi

Si j’ai lu ce livre, c’est bien que j’avais le besoin vital de me considérer à nouveau avec un tout petit peu plus de gentillesse. Et que peut-être même je pouvais être une amie pour moi. Mais c’est un long chemin, qui demande beaucoup de patience tant il est révolutionnaire. Il faut apprendre à regarder et accueillir nos imperfections. À consoler et bercer nos blessures. À rire de nos gaffes et de nos impairs. À nous laisser émouvoir par notre vulnérabilité.

Dans la préface de son ouvrage La tendresse du monde Fabrice Midal interroge : « Voulons-nous devenir les fonctionnaires de la dictature de l’utilité, insensibles, obsédés par le souci de n’être jamais pris à défaut, de ne prendre aucun risque, de garder toujours une contenance, ou sommes-nous prêts à accepter la vulnérabilité de notre être et la tendresse du monde ? »

Un espace pour rencontrer nos fragilités

Accepter notre vulnérabilité demande du courage et de l’honnêteté. Le cadre de la méditation nous le permet. Assis, droit, digne, sans histoire, nous partons à l’exploration de notre fragilité, de nos insuffisances, de notre beauté, de notre humanité. Nous commençons à avoir moins honte de qui nous sommes, de nos particularités. Avec beaucoup de douceur et de bienveillance, nous commençons à nous rencontrer et, pourquoi pas, à nous apprécier.

Cet axe de travail est central dans l’École occidentale de méditation. Au fond tous les enseignements qui y sont donnés visent à nous aider à mieux nous traiter, à mieux nous aimer. J’aurai le plaisir, dimanche 25 mars prochain, d’enseigner sur ce thème avec Marine Manouvrier à Bruxelles. L’après-midi, nous aurons plusieurs exercices guidés pour éclairer les pratiques de bienveillance.

Rappelons-nous cette phrase percutante de Fabrice Midal : « Je ne vais pas méditer parce que je suis nul(le) mais parce que c’est merveilleux d’être un être humain ! »

 

Marie-Laurence Cattoire

Paris

 

Renseignements et inscriptions : https://www.ecole-occidentale-meditation.com/agenda/atelier-dapprofondissement-de-meditation-2/

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