Entrer dans l’espace où rien n’est séparé

Photo de Francisco Varela
« Tout esprit s’éveille dans un monde. Nous n’avons pas conçu notre monde. Nous nous trouvons simplement en lui ; nous nous éveillons à la fois à nous-mêmes et au monde que nous habitons (…) Nous nous trouvons donc dans un cercle. Pour le philosophe français Maurice Merleau-Ponty, la reconnaissance de ce cercle ouvrait un espace entre le soi et le monde, entre l’intérieur et l’extérieur (…) Le caractère ouvert de cet espace révélait une voie moyenne, un entre-deux ».
C’est cet entre-deux qui s’ouvre à nous lorsque nous pratiquons la méditation.
La séparation entre moi et le monde nous apparaît alors comme une donnée artificielle, construite par l’homme dans l’espoir de maitriser son rapport aux choses.
L’auteur de cette citation, Francisco Varela, était un neuroscientifique, directeur de recherche au CNRS, mais également un grand pratiquant. Tout au long de son existence, il a essayé de démontrer, par l’intermédiaire de la phénoménologie et des sciences cognitives notamment, comment l’expérience humaine devait revenir au premier plan de l’analyse scientifique.
En s’appuyant sur l’expérience méditative, il a pu mettre en lumière l’existence d’une non séparation entre corps et esprit – voir son fameux ouvrage « L’inscription corporelle de l’esprit » – mais également d’une ouverture primordiale redécouverte par tous les pratiquants.
 
Mathieu Brégegère
Paris

 

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