« Le nez de ma meilleure amie… »

Dessin d'Edgar Degas, représentant le portrait d'une enfant, Giulia Bellelli, vue de profil.

Se connaître

Il y a quelques jours, je suis allée voir l’exposition Degas Danse Dessin qui se tient au Musée d’Orsay. Sur un mur j’ai vu cette phrase du poète Paul Valéry, qui rend hommage au travail de Edgard Degas :

« Il y a une immense différence entre voir une chose sans le crayon dans la main et la voir en dessinant. Ou plutôt, ce sont deux choses bien différentes que l’on voit. Même l’objet le plus familier à nos yeux devient tout autre si l’on s’applique à dessiner : on s’aperçoit qu’on l’ignorait, – qu’on ne l’avait jamais vu. […] je m’avise que je ne connaissais pas ce que je connaissais : le nez de ma meilleure amie… »

En lisant cette phrase, j’ai réalisé que cette meilleure amie dont, on fond, on ne connaît pas le nez, c’est nous. Nous-même. On croit se connaître par cœur alors que bien souvent, on n’a que des idées arrêtées (et très dures) sur nous.

Prendre le crayon

Méditer, c’est prendre le crayon de Degas pour nous regarder à neuf, comme si nous nous découvrions. C’est se laisser surprendre par notre propre visage, nos différents visages. C’est découvrir l’infinité de notre humanité qui évolue sans cesse, qui danse avec le monde, avec les situations, avec les événements. Qui bouge et évolue au fil du temps.

Méditer c’est développer cette attention à la nouveauté qu’est toute vie, c’est rafraîchir son regard, c’est se laisser surprendre au lieu de croire tout savoir sur tout.

Tout comme dessiner, méditer c’est apprendre à voir.

La méditation est ce mouvement de curiosité joyeuse envers les moindres détails. Ces détails qui font la richesse du quotidien. Et qui font la richesse inépuisable de chaque être humain.

 

Marie-Laurence Cattoire

Paris

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