Nous pouvons arrêter de faire comme si le présent n’existait pas.

Fauteuil_meditation_presence
Hier j’étais interrogée par un jeune étudiant en école de commerce qui rédige un mémoire sur la méditation. Il voulait savoir ce que cette pratique m’apportait en tant que manager. J’ai d’abord pris la précaution de lui dire que c’est en tant qu’être humain que la méditation m’aidait. Depuis treize ans, elle colore tous les aspects de ma vie. Elle a changé mon rapport aux enfants, à mon conjoint, au travail, à mes parents, aux autres, au monde…
Mais en premier lieu, elle m’a fait découvrir qu’il existait quelque chose de tout à fait réel, disponible, tangible, concret : le présent !
La pratique régulière m’a entraînée à distinguer les moments où j’étais présente de ceux où j’étais ailleurs, plongée dans une rêverie, prisonnière d’une rumination ou encore tout simplement perdue dans une suite de pensées diverses qui m’emmenaient bien loin de mon corps.
Pendant la méditation nous goûtons le contraste entre ces deux manières de faire : la prise de tête ou la présence corporelle… Sans cesse, nous oscillons de l’une à l’autre. Quand nous réalisons que nous sommes “partis” ailleurs que là où nous sommes, nous revenons, avec beaucoup de douceur mais délibérément, au moment présent.
Ce n’est pas si facile car parfois le présent peut-être très ennuyeux. Et les pensées semblent beaucoup plus intéressantes que l’immobilité silencieuse que nous adoptons pour quelques minutes.

Et pourtant, tout est là, dans ce moment présent.

Notre vie est entièrement là, offerte dans ce souffle qui nous anime, dans ce corps riche de mille perceptions sensorielles, dans cet espace qui nous entoure.

Et même s’il ne se passe rien, il se passe tant de choses…
Chögyam Trungpa a dit ” L’ignorance, c’est faire comme si le présent n’existait pas.”*
Nous avons tellement tendance à faire comme si le présent n’existait pas.
Et avant de découvrir la méditation, j’avais beaucoup de mal à reconnaître cela. J’étais tiraillée entre une intuition, qui me disait que le présent pouvait être précieux, et une injonction forte à devoir “être partout à la fois” par exemple. Ou encore, j’étais tiraillée entre le sentiment que la réalité pouvait être toute simple mais qu’avoir une vie “intellectuelle” riche et complexe était fondamentale….
Or ce que dit Chögyam Trungpa c’est que la pure intelligence réside dans le fait de reconnaître le présent, de le voir, d’entrer en relation directe avec la réalité.
Nous pouvons arrêter de faire comme si le présent n’existait pas.
À partir de là, peuvent se déployer une véritable écoute de l’autre, une véritable intelligence de la situation, une véritable humanité, celle qui permet de danser avec la vie.
Marie-Laurence Cattoire
Paris
*in Le sourire du courage, Pocket, 2012.
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