Papillon

Gravure représentant les différents stades de développement du papillon. Sur une tige se trouvent la chenille, la chrysalide et le papillon, ailes pliées. Au-dessus, un deuxième papillon prend son envol.

Comme un joli papillon, tu t’es un jour posé sur la fleur de la méditation, les yeux écarquillés, comme si tu découvrais la vie.
Ce premier moment d’ouverture a fait battre ton cœur. Tu as pris soin de la fleur. Chaque jour tu lui lisais des poèmes, tu la caressais du regard, tu l’abreuvais de silence et elle s’épanouissait.

Papillonage

Mais un jour le doute s’est insinué en toi. Tu as pensé que la fleur jamais ne résoudrait tes problèmes. Dans ta vie il y avait d’un côté la méditation, de l’autre, séparés, tes passions, ton travail, tes soucis. Une sorte de lassitude t’a envahi. Tu as pensé qu’il te manquait quelque chose et tu as commencé à papillonner. Il te fallait d’autres expériences, tu avais envie de découvrir des techniques plus efficaces qui pourraient enfin te permettre de résoudre tes difficultés. Tu as délaissé la fleur. Les poèmes que tu lui lisais dans les premiers moments se sont faits plus rares. Joli papillon, la fleur aime qu’on lui offre des poèmes !
Peut-être es-tu passé par hasard au rayon spiritualité d’une librairie où tu as feuilleté le dernier livre de Fabrice Midal « Foutez-vous la paix ». Tu l’as reposé en te disant que c’était sans doute un livre de plus sur la méditation qui ne t’apporterait rien. Tu as pensé d’ailleurs que le titre sonnait comme un slogan marketing. Tu n’as pas vu que derrière ce titre accrocheur pouvait se cacher une dimension spirituelle inapparente et pourtant profonde et ultime, un pouvoir de guérison très réel, une fleur.

La fleur aime qu’on lui offre des poèmes

La méditation est comme une fleur qui a besoin d’être nourrie pour s’épanouir. Elle aime qu’on la regarde avec une certaine innocence, comme le Petit Prince regardait sa rose. Elle s’abreuve de générosité, d’amitié, d’amour, de poésie. Elle pousse sur le terreau de nos difficultés. Elle aime qu’on soit auprès d’elle, qu’on la respire, qu’on la touche. Comme l’amour elle demande de la générosité, de la patience et du courage. Comme l’amour elle peut se faner si on n’en prend pas soin.

 

Xavier Ripoche

Paris

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