Voir de tout son corps

Hier soir je prenais le bus 91 pour rentrer chez moi après une journée de travail très dense. Il avait plu toute la journée et il faisait froid.
J’étais rivée sur mon smartphone.
Soudain un rayon de soleil a déchiré le ciel et crevé les nuages.
Cette lumière m’a fait lever les yeux et j’ai vu la coupole de l’hôpital de la Salpêtrière illuminée, baignée d’une lumière dorée et chaude. Ça m’a fait plaisir.
J’aurais pu en rester là, mais la lumière était si splendide qu’elle appelait autre chose. Pas seulement le regard de mes yeux reliés à mon cerveau qui trouvait cela agréable et beau…
J’ai fait un mouvement de plus. À la fois de détente et d’ouverture. Et c’est tout mon corps qui s’est mis à voir. J’ai senti que mes pieds, mes cuisses, mon torse, mes cheveux recevaient cette lumière, la voyaient tout autant que mes yeux.

Il me semble que méditer c’est apprendre à voir de tout son corps.

Que faisons-nous quand nous voyons ainsi de tout notre corps, de tout notre être ?

Nous synchronisons esprit et corps. Nous réharmonisons ce qui, dans la vie quotidienne, est si souvent désaccordé. Au lieu de traîner notre corps comme on porterait un vêtement sur un cintre (l’expression est de Chögyam Trungpa) nous assumons pleinement notre présence corporelle.

« Le travail de toute une vie est d’apprendre à s’incarner »

dit Fabrice Midal quand il parle de la spiritualité.

Apprendre à s’incarner c’est apprendre à habiter notre corps, pleinement.

La spiritualité n’est pas cachée dans un ailleurs rêvé et inaccessible – elle est présente à chaque fois que nous sommes pleinement là, c’est-à-dire pleinement humain.

Marie-Laurence Cattoire
Paris

 

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